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Au Sortir de l'Ombre

Un livre, c'est avant tout un titre et une couverture. Pour certains seuls les mots comptent, mais un joli contenant me pousse toujours à m'intéresser au contenu...
Pour cet exemplaire, j'avoue que je ne l'ai pas payé de ma poche, vu que c'est en partenariat avec Livraddict et Les Editions du Riez que je l'ai reçu, mais j'étais sur le point de l'acheter ("Je le veux. Mais j'ai pas de sous. Mais je le veux. Mais j'ai une PAL énorme. Mais je le  veux....") quand on m'a annoncé que j'étais sélectionnée pour en faire une chronique (Ô joie, ô bonheur !).

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La guilde d'Ae protège le monde des Gothans depuis des siècles. Chaque prêtresse, ou aethryne, prend en charge un monstre et l'empêche de massacrer des centaines de personnes quotidiennement en lui interdisant de dépasser le seuil de l'Ombre.

Quand un némésis, ex-traqueur de la guilde, s'infiltre dans le siège londonien en faisant des dégâts considérables, des questions commencent à se poser : Comment cet homme âgé a-t-il fait pour récupérer ses pouvoirs ? Que cherchent les némésis ? Qui, dans la guilde, se révélera un traître à la cause d'Ae ?

William, Heinrich et Christopher sont dépêchés chez Lady Eileen, froide aethryne, car elle serait en danger de mort. Devenus fuyards le groupe de traqueurs commence à ressentir l'influence malsaine du Gothan sur leur mental et leurs facultés, alors même que l'ampleur du combat à venir se dévoile peu à peu....

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Syven embarque le lecteur dans un Londres victorien dépeint avec une multitude de détails et nous présente une multitude de personnages dont il va être difficile de retenir toutes les caractéristiques immédiatement.
Même si je me suis sentie un peu perdue par moments ("Ah mais lui c'est qui déjà ? C'est quoi son pouvoir ?"), il y au moins la satisfaction d'avoir évité les descriptions à rallonge que certains auteurs affectionnent et qui me donnent l'impression qu'on me prend pour une débile.

Robes de l'époque
victorienne
L'histoire ne commence pas à la première page, il y a un passé au récit, et c'est ce qui lui donne sa profondeur. On apprend au fur et à mesure des pages à connaître chaque personnage, et certains comportements irrationnels prennent soudainement tout leur sens après une petite introspection à la première personne.
Cependant les souvenirs évoqués et les discussions entre traqueurs n'ont pas suffi à m'attacher aux personnages. Le Gothan de Lady Eileen m'a fascinée, mais j'ai eu du mal trouver les traqueurs crédibles. Les trois hommes, malgré leurs défauts, coups de sangs et autres interrogations, sont un peu plats à mon goût.

Le contexte d'Au Sortir de l'Ombre est admirablement détaillé et laisse un goût de "reviens-y" (comme dirait ma mamie), une envie d'en apprendre plus sur cette guilde millénaire, ces monstres fascinants, ces prêtresses centenaires et ses rituels (presque) oubliés.
Je me suis plusieurs fois retrouvée à visualiser Au Sortir de l'Ombre comme un film : des images à la Sherlock Holmes et une ambiance réminiscente de La Brigade Chimérique (autre époque mais j'y ai pensé plusieurs fois durant ma lecture...).

Cette "mise en image" dans mon esprit est généralement bon signe, c'est que le roman est assez fourni pour me permettre de le transposer sur mon écran imaginaire, et c'est effectivement avec plaisir que j'ai savouré ce roman.
J'ai aussi plusieurs fois eu l'envie d'une préquelle qui m'en apprendrait plus sur la guilde en elle-même, la formation des novices et ces mystérieux archivistes... "Malheureusement" (notez les guillemets) Syven travaille actuellement à l'écriture d'une trilogie sans rapport avec ce premier livre... Dommage, mais je suis assez titillée pour savoir qu'à la sortie du premier tome, je ferais partie des lecteurs de la première heure !


Combien de cupcakes ?


Merci encore à Livraddict et aux Editions du Riez pour ce partenariat !

Les Lieux Infidèles

Même si j'apprécie un bon policier ou un bon thriller, ce n'est pas le genre vers lequel je me précipite quand je rentre dans une librairie (on me retrouvera plutôt à baver devant des sagas de fantasy qui comptent des dizaines de tomes, comme si ma Pile à Lire avait besoin de ça !).

Ça fait cependant pas mal de temps que j'entends parler de Tana French et ce partenariat organisé par BoB avec les éditions Calmann-Lévy était l'occasion rêvée de lire un livre qui m'intéressait (il était dans ma liste à lire depuis sa sortie en anglais) mais qui se retrouvait perpétuellement mis de côté par des achats correspondants plus à mes goûts (la nouvelle édition du Trône de Fer par exemple, alors que j'en ai déjà deux *oops*).

Mais sortir de sa zone de confort a quelquefois du bon, comme a pu me le prouver ce roman.

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Frank Mackey, l'anti-héros quadragénaire (homme blessé, fier, rude mais honorable, pas vraiment original dans le genre, mais toujours attachant) de notre roman, est originaire des Liberties, un quartier mal famé de Dublin et a coupé tout contact avec sa famille depuis décembre 1983.

À l'époque, fou amoureux de Rosie Daly, il prévoit de quitter un père alcoolique et une mère castratrice pour partir à l'aventure en Angleterre avec l'amour de sa vie.
Mais Rosie ne le rejoindra jamais et tout ce qu'il retrouvera d'elle est un mot de sa main dans lequel elle explique qu'elle a préféré partir seule (déjà là, on sent qu'il y a un truc louche, mais bon, on va faire semblant de rien voir...).

Plus de 20 ans après, sa soeur Jackie l'appelle pour lui annoncer qu'on a retrouvé la valise de Rosie cachée dans la cheminée d'une maison abandonnée des Liberties, cette même maison où elle avait rendez-vous avec Frank ce soir de décembre...

Utilisant ses relations de flic infiltré et bataillant contre une famille étouffante, Frank va chercher à savoir où est Rosie, si elle est encore vivante ou si quelqu'un de la rue a voulu l'empêcher de rejoindre Londres...

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J'ai plusieurs fois entendu parler des Lieux Infidèles comme d'un thriller. Attention, c'est loin d'être le cas !
C'est, selon moi, un drame policier, qui tient en haleine à cause de la tension psychologique qu'on ressent désagréablement, comme si cette famille horrible était la nôtre.

Le livre se lit facilement, mais rien ne démarque la plume de Tana French de celle de nombreux autres auteurs, si ce n'est le sujet choisi (et dans ce cas précis, ça suffit amplement à toucher le lecteur).

Si comme moi vous êtes super malin (à force de jouer à Professeur Layton, mon QI a doublé), vous comprendrez rapidement ce qui est arrivé à Rosie, et plus les indices vous confortent dans votre trouvaille (la Nintendo DS sert donc effectivement à quelque chose, youpi !), plus l'anticipation se fait intense.

"L'anticipation de quoi ?" me demanderez-vous. Pour tout dire c'est assez dur à expliquer...
Ce qui m'a le plus travaillée concernant ce livre, c'est les relations malsaines entre les différents membres de la famille Mackey, avec les voisins de la rue, les parents de Rosie, les anciennes copines de Frank, etc...
Il y a un relent acide derrière chaque sourire, un gain personnel derrière chaque bonne (ou mauvaise) action, et on a un petit pincement au coeur à chaque fois qu'on voit Frank se laisser entraîner dans ce cercle vicieux qui l'isole des gens qu'il aime.

L'histoire se développe comme une fleur venimeuse, lentement mais sûrement, en contaminant tout et tout le monde. Le rythme n'est pas vraiment soutenu, on ne suit pas le héros dans des courses poursuites haletantes, mais au contraire, on plonge avec lui dans les eaux troubles des Liberties, et c'est... enrichissant.

Je ne m'aventurerais pas plus sur la description de l'histoire, ce n'est pas le plus important selon moi. Les sentiments de Frank à l'égard de sa famille sont tellement ambivalents et cependant tellement bien décrits que c'est ce que j'ai trouvé le plus prenant de toute ma lecture...
Une très bonne surprise en ce début d'année, je conseille fortement !


Morceaux choisis :

  • "Les Liberties tirent leur nom, vieux de plusieurs centaines d'années, de leur indépendance et des règles qu'elles se sont forgées. Dans ma rue, ces règles étaient simples : fauché ou non, quand tu vas au pub, tu payes ta tournée; si ton pote est pris dans une bagarre, tu le tires de là à la première goutte de sang pour que personne ne perde la face; tu ne touches pas au trafic de la came; que tu sois anarchiste ou punk, tu vas à la messe le dimanche; et quoi qu'il arrive, tu ne mouchardes personne." (p.27)
  • "Nous, les infiltrés, nous considérons les membres de la Criminelle comme des enfants de choeur. Nous nous battons à mains nues, dans le caniveau; et quand la loi nous gêne, nous l'envoyons bouler." (p.194)
  • "C'était mon père. Quand j'étais môme, avant qu'il se révèle un enfoiré de première, je le prenais pour un dieu. Il savait tout sur tout, il aurait pu démolir le Yéti d'une main en soulevant un piano à queue de l'autre, un sourire de lui illuminait ma journée entière." (p.358)



Combien de cupcakes ?




Merci à BoB et aux éditions Calmann-Lévy pour ce partenariat !

Élixir

Sur ce coup-là, j'avoue, j'avais envie de le lire juste parce que j'ai vu le nom d'Hilary Duff écrit en gros sur la couverture...

Ce qui m'a le plus surprise ce n'est pas qu'une chanteuse s'essaie à l'écriture, c'est qu'une "Disney-star" si jeune veuille écrire un livre. On apprend vite qu'elle n'a pas écrit le livre toute seule, mais au moins c'est (partiellement) assumé.

~

Le père de Cléa a disparu il y a plusieurs mois sur les traces de l'élixir de vie, un breuvage légendaire supposé guérir et donner l'immortalité à qui le boit.

Sa mère se réfugie dans son travail de politicienne, et Cléa se repose sur ses deux meilleurs amis, Rayna et Ben, et sur son amour de la photographie, qui l'a toujours liée à son père.
Mais en développant les photos de ses dernières vacances en Europe (Cléa ne fait pas partie de la classe moyenne, vous allez vite vous en rendre compte vu la facilité avec laquelle elle prend l'avion pour des destinations diverses et variées), elle fait une étrange découverte : le même jeune homme mystérieux est présent sur chacune des photos, même quand il lui était physiquement impossible d'être là... Bientôt Cléa se met à rêver de lui, et de différentes jeunes filles, à différentes époques, avec qui elle se trouve beaucoup de points communs.

On va donc suivre les aventures de Cléa, qui se met à la poursuite en même temps de l'élixir de vie, de son père, de ses rêves et de l'homme-mystère (ça fait beaucoup mais elle y arrive, j'vous jure !).

~

Pour tout dire, j'avais pas mal d'aprioris sur ce livre. "Encore un truc à la noix pondu par une star(lette) en mal de promo" est la première chose qui m'est venue à l'esprit (et encore, j'aime bien Hilary Duff, alors c'est gentil !). C'est peut-être le cas, mais j'ai été agréablement surprise par l'originalité du thème (pas de vampires, c'est rare ces temps-ci...) et par l'auteur qui n'en fait pas des tonnes.

Attention cependant, ça reste une histoire d'amants maudits, d'amourettes d'adolescents saupoudrée de paranormal (et non pas de surnaturel à mon sens) qui vise principalement les jeunes filles/femmes romantiques.

Malgré une fin intéressante, qui donne envie de lire la suite (en cours d'écriture par Hilary Duff et Elise Allen), j'ai trouvé que le début était un peu lent et que les personnages étaient mis en place assez laborieusement.
Cependant ce n'est pas le défaut principal du livre.

J'ai eu un autre problème (et de taille) à la lecture : grammaticalement, c'est quelquefois bancal...
Dans un même paragraphe on passe du passé composé au présent, un retour au passé mais simple cette fois-ci, puis un tour vers l'imparfait. Je ne me suis pas renseignée plus que ça sur la concordance des temps, mais ça m'a, à plusieurs reprises, stoppée dans ma lecture (s'ensuivent cinq minutes d'interrogation sur la justification de ces changements de temps bizarres), et si jamais c'est grammaticalement correct, ça n'en reste pas moins très maladroit.

Une autre incohérence d'Élixir : le niveau de langage utilisé. Cléa, 17 ans, est l'héroïne principale, et elle est généralement accompagnée de personnes entre 17 et 25 ans (grand maximum), pourtant on a droit à des répliques telles que :

Je n'ai pas pu résister...
"- Que lui as-tu fait ?" (moment d'énervement et de rage)
"- Comment allons-nous faire pour aller à la maison ?" (stress intense)
"- Alors, tu as le coeur qui bat à toute allure ?" (durant une course poursuite en voiture)
et ma préférée :
"- Oh, mais nous ne pouvons pas." (situation... osée, position tendancieuse).

Je ne connais PERSONNE qui parle en inversion sujet-verbe quotidiennement, encore moins des ados, même s'ils sont très bien élevés. Pas besoin de leur mettre des insanités dans la bouche, mais un peu de spontanéité ne ferait pas de mal (l'utilisation de "on" à la place de nous, c'est quand même assez répandu...) parce qu'à certains moments ils perdent vraiment toute crédibilité, et ça m'a un peu empêchée de m'attacher à eux.

Cependant je peux pas dire avec certitude que ce que je considère comme des erreurs soit du fait des auteurs étant donné que le livre est passé par une traduction (rapide vu qu'il est sorti en octobre aux États-Unis), il faudrait lire la VO pour voir si ces problèmes persistent, mais je ne pense pas le faire, il y a bien trop de livres à lire qui m'intéressent plus !

Ça reste une lecture positive, même si je suis intriguée par la mesure de travail fourni par Hilary Duff sur le produit final. A ne pas mettre entre les mains de lecteurs trop exigeants, ça reste quelque chose qui se lit vite et qui pose les bases d'une série qui risque d'avoir un franc succès outre-atlantique.

Combien de cupcakes ?

(Peut mieux faire...)



Merci beaucoup aux Éditions Michel Lafon et à Livraddict pour ce partenariat !


Le Guide du Toujours Jeune Père

Tout d'abord, je tiens à remercier (encore) BoB pour ce partenariat que j'ai fait un peu traîner (milles excuses, je l'avais oublié pendant les vacances !).

Bon alors, je ne suis pas un jeune père, je ne suis même pas un homme d'ailleurs, et je suis encore loin d'avoir des enfants, mais les livres humoristiques de ce genre sont généralement lisibles par tout le monde, et j'adore voir le comportement adolescent décrypté (et moqué) !

Pierre Antilogus et Jean-Louis Festjens nous livrent donc une quatrième collaboration après Le Guide du Jeune Père, Le Guide de Survie à l'usage des Parents et Le Guide du Jeune Couple (je n'en ai lu aucun, je précise).

Faire le résumé d'un ouvrage de ce genre étant quasiment impossible, je vais me contenter d'expliquer dans les grandes lignes de quoi ça parle.
Les auteurs appréhendent l'ado comme une bête sauvage (ce qu'il est souvent, je le reconnais) et nous livrent leurs conclusions sur les réactions qu'il faut et ne faut pas avoir, la façon dont il faut lui parler, les petits secrets pour le comprendre, et la réponse à des questions que les parents doivent se poser assez régulièrement (Comment lui faire ranger sa chambre ? Existe-t-il un site internet où l'on pourrait acheter le bac ? Comment la convaincre de ne pas sortir avec Kévin, le gothique sataniste ?).

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : je n'ai pas aimé. Trop de métaphores, trop de clichés, trop de digressions, trop d'humour beauf, et bien trop de blagues déjà entendues/lues/vues un peu partout.
Pourtant ça aurait pu être génial, le concept et la quatrième de couverture m'avaient donné vraiment envie et les ados... et bien on va juste dire que la bêtise des ados n'est pas légendaire pour rien.
Je ne sais pas trop quoi dire sur ce livre, il m'a laissé un arrière-goût amer de vite-écrit-mal-renseigné (j' y retrouve plus les ados des années 90 que ceux de maintenant) et j'ai même fini les 60 dernières pages en diagonale tellement j'en avais marre... (bouh, pas bien !).



Le style ne m'a pas emballée, les chapitres, sous-chapitres, catégories et autres encarts encadrés m'ont donné l'impression que quasiment chaque paragraphe avait un titre, c'est un peu trop riche pour moi, et je me suis même retrouvée à me demander combien de pages on gagnerait sans toute cette mise en page (une bonne trentaine selon moi, ce qui fait quand même beaucoup).
J'ai particulièrement trouvé maladroits les encarts "Lionel Choupard, président de l'Association pour Amitié entre les Pères" et encore plus ceux des auteurs (ils écrivent déjà le livre, pas besoin de refaire des encarts dedans). J'estime également ne pas avoir besoin de lire 26 fois le nom des auteurs du livre DANS le livre, ça m'a vraiment chiffonnée (un peu trop narcissique pour moi).

Ce qui m'a le plus déçue, c'est que je n'ai pas ri une seule fois. Et pour un livre humoristique, c'est mauvais signe. En fin de compte, pour avoir ma dose d'humour sur les ados débiles, je continuerais à lire le blog de Princesse Soso, au moins là je m'esclaffe en lisant !


Combien de cupcakes ?



Merci (quand même) à BoB et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !





Les Fils de Ramsès

Meyer et Kerdellant sont deux journalistes (L'Express, Géo) qu'on a déjà pu lire en collaboration dans La Porte Dérobée il y a quelques années. Ils reviennent cette année avec un thriller mi-ésotérique mi-historique sur fond d'Egypte Ancienne.

On y retrouve Hosni, médecin humanitaire amoureux des caméras, sa femme Rania, galeriste cultivée et passionnée par l’histoire de son pays, Raphaël, leur fils de 14 ans, bien calé en hiéroglyphes et adepte de Second Life, et Emmanuelle, ex-femme d'affaires qui travaille avec Hosni sur une campagne de vaccination en Afrique.

Le scénario de base est original, tout en étant simple : Raphaël joue à un jeu mystérieux sur Second Life dans lequel il doit découper une momie et la déposer au pied de l'obélisque de la Concorde, et quelques heures après le jeu devient réalité et Hosni et Emmanuelle sont témoins du dépôt du corps.
A partir de là on suit les trois personnages principaux (Hosni, Emmanuelle et Raphaël) les uns après les autres dans leurs chapitres respectifs et on a donc droit à leur point de vue et à leur vision du déroulement de l’histoire.

J'ai eu beaucoup de mal à décider ce que j'ai pensé de ce livre. D'un côté j’ai apprécié les rebondissements, les petits "cours" sur l’Egypte, les pharaons, l'histoire des obélisques, mais de l'autre j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher aux personnages, à me sentir concernée par leurs histoires, et je suis ressortie de ma lecture avec une impression de lenteur assez énervante (je sais, c'est paradoxal de dire qu'il y a des rebondissements ET que c'est lent, mais c'est vraiment comme ça que je l'ai ressenti…).

Attention, ne vous y trompez-pas, c'est un bon livre, qui fera un solide cadeau de Noël pour les amateurs de thrillers, mais ce qui manque, c'est justement ce petit "truc" qui donne son nom au genre : le thrill (frisson, en anglais), qui vous coupe l'envie de poser le livre et vous force à lire jusqu'à épuisement.
Cependant les bases sont solides, les personnages ont une vraie histoire, une personnalité et manquent juste un peu d’humanité selon moi (l'adultère y serait presque banalisé, sans qu'on s'y arrête ou que les personnages y repensent à deux fois).

Les auteurs ont fait un effort certain pour situer leur roman à la fin des années 2000 (nombreuses références à l'iPhone, aux JO, à des sites internet assez récents, etc…) même si des fois c’est un peu hors-sujet : de temps en temps ça m'a fait repenser au placement de produits qu’on peut voir dans de nombreux films américains.

Pour résumer, bien qu'on ressente trop l'écriture en duo selon moi, Meyer & Kerdellant réussissent à capter l'attention de leurs lecteurs grâce à leur connaissance approfondie de l'Egypte. C'est un plaisir d'apprendre au fur et à mesure de la lecture des petites anecdotes sur la vie des pharaons et les coutumes ancestrales de ce pays plein d'Histoire. J'aurais apprécié des personnages plus attachants, peut-être un peu moins privilégiés et un dénouement final amené plus subtilement.


Combien de cupcakes ?



Merci aux éditions JC Lattès et à BoB pour ce partenariat !

L'Arc-en-Ciel de la Gravité

Avant toute chose, j'aimerais m'excuser pour cette loooooongue pause dans la publication de mes articles.

  1. J'ai eu moins facilement accès à Internet pendant quelques semaines.
  2. La préparation de Noël (que je fais toujours en novembre pour éviter les ruptures de stock et autres magasins bondés) m'a bien occupée.
  3. L'Arc-en-ciel de la Gravité. (Je sais, ce n'est pas une phrase, mais vous allez comprendre...)


Etant donné que je n'ai rien compris au livre (j'ai pas tout lu, je me suis arrêtée à la moitié à peu près), je suis incapable de vous faire un résumé... Ce qui m'a marquée c'est les banana breakfast, certainement parce c'est le tout début du livre et que je n'avais pas encore réalisé que tout le livre allait être incompréhensible. Donc j'ai farfouillé par-ci par-là sur Internet pour trouver un autre résumé que celui de la quatrième de couverture et j'ai trouvé un article très représentatif sur la Désencyclopédie. Et il y a dans cet article le meilleur résumé que j'aie trouvé à ce jour :

Ça parle de Tyrone Slothrop, un américain à Londres pendant le Blitz, à la fin de la seconde guerre mondiale. Ensuite, Slothrop part pour Nice après avoir appris la mort de Tantivy dans le Times (mais n'est-ce pas un coup monté?) et la rencontre avec Waxwing, mais doit se barrer lorsque la police militaire débarque là où il dormait et puis va à Zurich en prenant le train et il rencontre un argentin et Squalidozzi qui volent un U-Boat, et puis arrive dans la Zone, où Slothrop prend le nom de Ian Scuffling et apprend que Oberst Enzian est le chef du Schwarzkommando qui construit la fusée 00000 et qui est composé de membre d'une tribu Herero africaine déportée qui a un lien avec Blicero, tandis que Geli Tripping, la Sorcière, et Tchitcherine, qui recherche, avec Qulan, la Lumière Kirghize, et qui fait le lien entre le Schwarzgerät et la fusée 00000 et l'Imipolex G et ... ah ! Aaahhh ! Mon cerveau ! Mon cerveau fond ! Aaahaahaaaaaarrg !


En fait j'ai été trompée par le National Book Award qui a été accordé à Thomas Pynchon pour ce livre, et surtout par le fait qu'il ait été considéré pour le prix Pulitzer (à mon avis parce que personne n'osait avouer qu'il n'avait rien compris).


Pendant les 100 premières pages (qui se lisent très vite, je vous l'accorde), j'ai pas arrêté de me dire "Bon, quand est-ce que l'auteur passe à un style compréhensible ? Là ? Ah non... Là alors ? Non plus...". Si vous ressentez ça en lisant un livre, ça a un nom : le postmodernisme.
Personnellement je n'y vois rien de moderne, encore moins de postmoderne, mais j'ai trouvé un nom que je trouve plus approprié à ce style : la diarrhée littéraire (c'est dégoûtant je sais, mais c'est un hommage à ce passage du livre dans lequel... Non, je ne vais pas vous imposer ça !).
Sérieusement, si vous avez déjà rencontré quelqu'un atteint de logorrhée (plus communément appelée diarrhée verbale), il vous suffit d'imaginer la même chose, mais retranscrit dans un pavé de 1200 pages, et voilà ! Vous êtes en possession d'un livre postmoderne.


Ce qui est dommage c'est que le thème abordé est intéressant, les personnages et le scénario fantasques auraient pu être marrants, et Pynchon (qui doit être super-méga-ultra cultivé) ne se gêne pas pour fourrer ici et là des tonnes de notions de physique, mathématiques ou d'histoire un peu partout, ce que j'apprécie généralement, même quand je ne comprends pas tout... Mais là... Déjà que je n'ai rien compris à cause du style, si en plus on y rajoute des trucs d'un niveau scientifique bien au-delà de mes capacités...


Je sais bien que mon avis va vous sembler un peu brutal, mais ce livre m'a vraiment retournée. J'ai du faire des pauses de plusieurs jours toutes les 100-150 pages, et pendant ces pauses je n'étais attirée par aucun autre livre... Heureusement, ce ne fût que temporaire, une fois que je me suis décidée à abandonner pour de bon, et après une semaine de pause sans lire, tout est rentré dans l'ordre. Mais vous imaginez bien que ce n'est pas quelque chose d'anodin quand un livre vous coupe toute envie de lire !




Combien de cupcakes ?



(un demi pour le sujet...)




Merci à Livraddict et aux Editions Points pour ce partenariat, même s'il n'a pas fini comme je l'imaginais...


 

Les Cathédrales du Vide

Une fois n'est pas coutume, je m'attaque ici (grâce à un partenariat Livraddict) à un thriller français, chose assez rare pour être notée. On y retrouve le vrai Paris, pas celui des touristes américains (quoique...) et pour changer, ce sera les services secrets européens et non pas américains que nous rencontrerons durant le déroulement de l'intrigue...

Avant toute chose, j'avoue, je n'ai pas lu Le Rasoir D'Ockham, le premier tome des aventures du commandant Mackenzie. La dernière page des Cathédrales du Vide me conseille de le lire si j'ai aimé lire celui-ci, mais cependant comme les deux enquêtes se recoupent, je pense que je serais beaucoup moins motivée en sachant déjà comment se finit le premier tome.

Dans Les Cathédrales du Vide on (re)trouve donc Ari Mackenzie, analyste de la DCRI (fusion des RG et de la DST), en arrêt maladie pour dépression, qui se soigne à coups de whisky et ressasse sans cesse l'enquête qu'on lui a retirée brutalement et sa rupture avec Lola...
Un agent secret belge lui propose de reprendre l'enquête sans en avertir ses supérieurs, pour le compte du SitCen (Centre de Situation Conjoint - en gros les RG européens). A partir de là, tout s'accélère : Ari refuse, son appartement est cambriolé, à l'autre bout du monde un scientifique s'échappe d'un complexe de recherche enfoui sous une cathédrale en pleine forêt vierge, Nicolas Flamel nous livre ses mémoires, une enquêtrice de l'ONU est assassinée en pleine rue et un mystérieux dossier disparaît...

La bande-annonce du livre (et oui, maintenant y'a des bandes-annonces pour les livres !) est disponible sur le site des éditions J'ai Lu :



Henri Loevenbruck tisse sa toile artistiquement, il vient placer une à une les nouvelles intrigues sans étouffer les précédentes et on ne perd jamais de vue le héros et ses motivations parfois discutables.
Le récit est très bien construit, des bases solides sont établies assez rapidement et c'est un délice de voir se mélanger des recherches scientifiques ultra-modernes à des notions d'alchimie qui datent de plusieurs siècles.

L'écriture est fluide mais ne tombe pas dans la simplicité à outrance et les nombreux (plus de 100) chapitres délimitent les différents points de vue et permettent au lecteur de bien se retrouver (ce qui n'était pas gagné au vu du nombre de personnages parlant à la première personne).

Une des choses que j'ai regrettée dans ce livre c'est que même si Paris est plusieurs fois décrite en détails (le café où Ari boit ses whiskys, les trajets en voiture, la maison de Nicolas Flamel), j'aurais aimé que Loevenbruck fasse de même pour les autres endroits du globe où l'on retrouve Mackenzie...
Par contre, j'ai vraiment apprécié les clins d'oeil à des personnages politiques et le fait que les nouveaux moyens de communication (Skype, Facebook, les blogs) soient utilisés sans que ça fasse forcé.

Henri Loevenbruck (il fait un peu peur, d'accord,
mais quand il chante ça va mieux !)

Les personnages secondaires sont fouillés, aucun ne m'a donné cette impression de superficialité que j'ai pu avoir en lisant des thrillers historiques/ésotériques américains, j'aurais peut-être apprécié de plus amples descriptions physiques mais mon imagination a comblé le vide laissé (peut-être intentionnellement) par l'auteur.

Mackenzie, quant à lui, a cette cassure qu'ont beaucoup de héros français, il est loin d'être parfait, à la limite de l'alcoolisme, déprimé, quelquefois égoïste et désagréable, mais attachant au possible.
On a quelques fois l'impression que quoi qu'il arrive il ne sera jamais satisfait de lui-même, du déroulement de sa vie et je l'ai trouvé un peu "chouineur" de temps en temps.

Au final j'ai beaucoup apprécié cette lecture, même si j'aurais aimé qu'il y ait plus de références à l'alchimie et à l'histoire des lieux sur lesquels se trouvent les différentes réserves de l'INF... Je ne me suis jamais ennuyée, mais même si les personnages étaient beaucoup plus intéressants que ceux de Dan Brown par exemple, je n'ai pas trouvé le récit aussi haletant...
Si vous voulez lire Les Cathédrales du Vide, je vous conseille réellement de commencer par Le Rasoir d'Ockham, parce qu'après ça sera trop tard, la majorité de l'intrigue sera dévoilée...

Combien de cupcakes ?



Merci encore à Livraddict et aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat !

  

Chroniques d'une Prof qui en Saigne

Princesse Soso (j'ose espérer que ses élèves l'appellent autrement) est prof d'anglais dans un collège perdu au fin fond de la campagne. Elle raconte ses mésaventures sur son blog depuis quelques temps déjà, et laissez-moi vous dire que pour toute personne de moins de 35 ans travaillant dans un collège, ce blog c'est un peu comme... comme si Princesse Soso était dans ton cerveau et retranscrivait tes moindres pensées dans ses billets. Oui, à ce point-là.

"Mais c'est impossible!" me direz-vous, "Au collège les élèves ne sont pas si horribles que ça.". Et bien SI.
Attention, je ne suis pas prof, je n'ai donc pas exactement le même point de vue, mais mon Dieu que c'est bon de se rendre compte que se moquer des classes de SEGPA quand ils sont vraiment trop chiants ça fait du bien à d'autres personnes que moi. Ça fait du bien à Princesse Soso et ses amis aussi. Et tant mieux.

Vous comprendrez bien que faire un résumé d'un livre tiré d'un blog, c'est pas facile, alors bah... je le ferais pas. Chroniques d'une prof qui en saigne est construit comme un journal pas-très-intime (mais avec des bonnes grosses méchancetés à l'intérieur, comme un Kinder mais en mieux si vous voyez ce que je veux dire), très certainement parce que pour fusionner des dizaines de billets en un seul bouquin, c'est le format qui rend le mieux au final.

Princesse Soso aime Sephora, les sixièmes trognons qui lui offrent des autocollants Hello Kitty, Super Nanny, se mordre la main pour s'empêcher de rire et par-dessus tout, elle aime Pierre Bénichou.
Princesse Soso n'aime pas Paquita, la SEGPA qui a 40 piercings et 6 tatouages, les parents démissionnaires, se demander si un élève n'a pas un couteau dans son sac rangé à côté de sa bouteille de Malibu et se rendre compte que des élèves ne savent quasiment pas lire.

On mélange un bon coup, on ajoute beaucoup d'humour et pas mal de méchancetés, des idées bien arrêtées sur le système éducatif dans son état actuel et on se retrouve avec un livre qui se dévore en quelques heures. Pour moi la motivation principale c'était le "Encore un chapitre, j'veux voir jusqu'où son collège ressemble au mien", mais pour les gens hors Éducation Nationale, je suppose que ça sera "Naaaaaaaaan ! J'y crois pas ! C'est pas possible !".

"Monsieur Chatel, écoutez Princesse Soso,
sinon gare à vous !"
Le seul écueil rencontré par Princesse Soso, c'est la répétition. Bon, d'accord, c'est peut-être parce que j'ai lu le livre d'une traite. Mais les "choupis" j'ai l'impression d'en avoir lu 2584 et pareil pour certaines expressions qu'elle affectionne beaucoup (le "pansement sur une jambe de bois" par exemple).
Il y a peut-être une certaine redondance dans ses idées, mais vu que je suis totalement d'accord avec elle (à part sur le vouvoiement), je me dis que ça peut pas faire de mal, les gens s'en rappelleront mieux, et qui sait, peut-être que notre cher et tendre Ministre de l'Éducation lira, retiendra et appliquera quelques-unes de ces idées logiques et sensées qui n'ont jamais réussi à monter jusqu'à lui...
En dehors de ses considérations sur l'Éducation (avec un grand É), ce qui est génial dans ce livre c'est qu'il est bourré d'anecdotes tordantes racontées avec humour et dérision (les rencontres parents-profs c'est ce que j'ai préfèré), et même si on a un peu envie de mourir ("Des parents comme ça existent vraiment ?"), c'est en se marrant franchement qu'on continue.

J'ai donc adoré Chroniques d'une prof qui en saigne, je suis déjà en train de chercher à qui je pourrais l'offrir à Noël ("Tiens, toi qui dis tout le temps que c'est cool et relax de bosser avec des collégiens, lis-moi ça !") et il y a même des moments pendant lesquels j'ai été totalement incapable de retenir des éclats de rire sonores.

Combien de cupcakes ?


et même... roulement de tambour...
LE CUPCAKE COUP DE COEUR !




Merci encore aux éditions Michel Lafon et à BoB pour ce partenariat !