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De l'Eau pour les Éléphants - Livre/Film


Le livre

Des fois on passe à côté de phénomènes littéraires sans vraiment comprendre pourquoi.

Jusqu'au jour où j'ai vu la bande-annonce du film De l'Eau pour les Éléphants, je n'avais jamais entendu parler du livre et je me demande bien pourquoi vu le succès qu'il a eu Outre-Atlantique.

Fascinée par le thème (les cirques des années 1930 et l'inratable "freak show" qui les accompagnaient), je n'ai fait ni une ni deux et je me suis jetée dessus.

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Jacob Jankowski est un vieux monsieur de 90 ans (ou 93, il ne se rappelle plus très bien) qui vit dans une maison de retraite comme tant d'autres. Vétérinaire à la retraite, il est veuf et ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants lui rendent visite chacun leur tour le dimanche.

L'arrivée d'un nouveau pensionnaire qui clame à tort et à travers qu'il a été porteur d'eau pour les éléphants dans un cirque itinérant durant la Grande Dépression le renvoie à des souvenirs de jeunesse; à cette année où, perdant ses parents dans un tragique accident de voiture, Jacob a voulu laisser sa vie de côté et s'est fait engager par le cirque des Frères Benzini comme vétérinaire.

Passer d'une université de haut-vol à la vie d'un employé de cirque n'est pas la plus simple des choses, et Jacob va vite s'en rendre compte.

Ni artiste, ni employé pour les basses-oeuvres, Jacob ne trouve pas vraiment pas sa place, et son camarade de wagon, un clown nain, ne va pas l'aider à se sentir à l'aise, loin de là.
Pendant qu'il essaie tant bien que mal de trouver des amis, des gens sur qui compter, Jacob va se rendre compte que la vie de cirque est souvent synonyme de travail non-payé et de manigances cruelles pour qu'Oncle Al puisse se débarrasser sans bruit de ceux qui ne lui servent plus à rien ou qui font un peu trop de bruit.

Sans vraiment savoir pourquoi, Jacob va tomber sous le charme de Marlène, la femme du directeur de la ménagerie, gracieuse dompteuse de chevaux, mais également sous celui de Rosie, cette éléphante têtue et malicieuse qui ne semble comprendre personne mais laisse entrevoir une intelligence hors du commun...

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Le livre s'ouvre sur Jacob Jankowski, vieillard qui perd un peu la notion du temps, drogué par des docteurs pensant bien faire et malheureux au possible.
Jacob se souvient de sa jeunesse, et nous emmène avec lui à travers les décennies, nous faisant voyager jusqu'en 1931 pour nous raconter son histoire.

Ce vieil homme nostalgique est si touchant qu'on ne peut s'empêcher de l'aimer dès les premières pages, et le retrouver 70 ans plus tôt est un vrai plaisir, qui prend toute sa puissance au fur et à mesure du développement du roman.
Sara Gruen est captivante, elle arrive à insuffler de la magie dans les pages de son livre, cette magie qu'on imagine présente dans les cirques du début du siècle, ceux avec des femmes à barbe, des éléphants acrobates et des siamois jongleurs.

Déjà conquise par le contexte historique de cette histoire d'amour (oui, c'est une histoire d'amour, mais c'est supportable, je vous rassure !), j'ai adoré cette narration "cassée" par les retours au présent de Jacob, qui nous donne dès le début de la lecture la fin de l'histoire, mais que l'on suit avec passion au fil des pages.

Les personnages sont humains, ils ont des défauts autant que des qualités et c'est ce qui leur donne toute cette authenticité indispensable au bon fonctionnement de l'histoire. Cette fluidité se retrouve encore plus dans la description des animaux, écrite avec une grâce et une délicatesse hors du commun. Comment ne pas aimer Bobo, le chimpanzé en mal d'amitié ou Rosie, l'éléphante qui endure au fil des semaines les cruautés infligées par Auguste ?

Le plaisir que j'ai pris à lire ce livre m'a poussée à me renseigner sur le milieu du cirque, sur les conditions de travail des artistes, des ouvriers, des animaux, j'ai passé des heures à lire des articles et regarder des photos sur les "freak shows", et j'ai appris des dizaines de choses sur le sujet. Ce livre m'a poussé à découvrir un milieu dont je n'avais que vaguement entendu parler, que demander de plus ?

Combien de cupcakes ?


et bien entendu, le Cupcake Coup de Coeur !





Le film



Après avoir autant aimé le livre, je ne pouvais pas rater le film, et j'étais donc dans les salles mercredi 4 mai, jour de la sortie de l'adaptation tant attendue (pour ma part en tout cas !).

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Je ne ferais pas de résumé vu que les modifications apportées à l'histoire sont vraiment minimes et certainement faites pour simplifier un peu et permettre aux scénaristes de raconter plusieurs mois en moins de 2h.

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La grosse différence est la disparition du personnage d'Oncle Al. En effet, August fusionne son personnage avec celui du directeur du cirque, ce qui n'est pas une mauvaise idée car je pense que les spectateurs n'ayant pas lu le livre auraient certainement trouvé le personnage du big boss un peu redondant.
On notera aussi la disparition du chimpanzé Bobo (c'est ce que j'ai le plus regretté, j'aurais adoré voir Pattinson avec un singe accroché à la jambe!), de l'animosité que ressent Kinko à l'écart de Jacob à son arrivée et de certaines facéties de Rosie.
Au final les ajustements sont mineurs, largement justifiables, et le scénario est étonnamment fidèle au roman.

Christoph Waltz est tout simplement génial dans son incarnation d'August, charmeur, violent et à la limite de la schizophrénie. Abonné aux rôles de psychopathe cruel, il excelle encore une fois dans la méchanceté et la cruauté.

Robert Pattinson est, lui, un peu figé, et a visiblement l'impression que fixer des gens pendant 5 min suffit à faire ressentir au spectateur les sentiments du personnage (ce n'est pas le cas, on a juste l'impression de voir un obsédé pas très discret et un peu flippant).

Reese Witherspoon est toujours aussi pétillante et son jeu surpasse de loin celui de sa co-star. Cependant même si les deux acteurs semblent correspondre au scénario, je n'ai pas vraiment été convaincue par leur association, principalement parce que Reese Witherspoon, du haut de ses 35 ans est définitivement une femme et que Robert Pattinson ressemble toujours à un adolescent...

Voir évoluer sur grand écran des animaux de cirque est un plaisir, surtout dans un contexte des années 30, et Rosie est majestueuse. Comme dans le roman, c'est un plaisir d'être touchée par un animal aussi massif qu'une éléphante. Elle est le personnage le plus drôle du film et joue merveilleusement bien son rôle.

En somme, c'est un film à voir, que ce soit avant ou après la lecture. Avant, vous aurez un avant-goût des merveilles qui vous attendent entre les pages, après, vous ne serez pas déçus par une adaptation fidèle et délicate.

ET SURTOUT : Même si vous n'aimez pas Robert Pattinson et que son air vide vous rebute, faites un petit effort pour ce film, ça vaut largement le coup !


Combien de cupcakes ?


Timeless

Alexandra Monir, auteur de Timeless, est avant tout une musicienne et une chanteuse, et sort son premier roman cette année, catégorie "Young Adult". Quoi de plus normal pour une jeune femme de 25 ans à qui tout semble réussir...
Intriguée par le fait de voir comment une musicienne écrivait (sur la musique justement), et captivée par la couverture du livre (même si je me demande à chaque fois si Nolwenn Leroy n'a pas émigré aux US pour faire la couverture) c'est avec grand plaisir que je l'ai entamé dans le cadre du DAC 2011, organisé par The Story Siren.

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Quand une tragédie s'abat sur le monde de Michelle Windsor, elle est obligée de déménager de l'autre côté du pays, à New-York, pour aller vivre chez des grands-parents fortunés et aristocratiques qu'elle n'a jamais rencontrés.

Dans leur vieil hôtel particulier de la 5ème Avenue, rempli de plus d'un siècle de secrets de famille, Michelle découvre un journal intime qui la projette brutalement en 1910.

C'est là, en plein milieu de l'Âge Doré, que Michelle croise le garçon aux yeux bleus qui a hanté ses rêves toute sa vie - un jeune homme qu'elle a toujours voulu réel tout en sachant très bien que c'était impossible.
Elle se retrouve rapidement en train de tomber amoureuse de lui, et s'embarque par la même occasion dans une histoire d'amour impossible à travers les siècles.

Michelle finit par mener une double vie, essayant tant bien que mal de concilier sa scolarité dans un lycée moderne et ses escapades dans le passé. Mais quand elle fait une horrible découverte, elle est projetée dans une course à travers l'Histoire pour sauver le garçon qu'elle aime - une quête qui déterminera leurs destinées à tout les deux.

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Bien sûr, cette histoire de romance et de voyage dans le temps n'est pas sans rappeler Le Temps N'est Rien, chroniqué en fin d'année dernière, dans un développement un peu moins complexe (on reste dans du Young Adult, il faut pas que ça soit trop prise de tête non plus...) mais avec une différence notable : ici l'époque à laquelle l'héroïne se retrouve est toujours très importante, et très bien décrite.

Malgré la barrière des années qui sépare nos deux amoureux, ça reste une histoire à l'eau de rose assez classique, même s'ils sont beaucoup moins horripilants que peuvent l'être certains héros (je pense tout particulièrement à Grace et Sam de Frisson, qui m'énervaient énormément).


Ce qui est très agréable dans Timeless, c'est la délicatesse avec laquelle Alexandra Monir décrit les personnages, les lieux, les époques, et surtout les musiques (normal pour une musicienne de formation me direz-vous !). C'est avec plaisir qu'on suit Michelle dans ses voyages dans le temps, justement parce qu'on sait qu'on va se retrouver dans le New-York glamour des années 20,30,40, une époque très peu utilisée dans les romans visant cette tranche d'âge.

J'écris cette chronique quelques jours après avoir fini le livre, et il faut bien avouer qu'un des défauts majeur du roman c'est qu'il n'y a pas vraiment de moment particulier qui m'a marquée. J'ai le souvenir d'une lecture agréable, légère et bien écrite mais je ne me suis jamais retrouvée happée par l'histoire. Je trouve que c'est une lecture parfaite pour l'été qui arrive, qui se lit et s'apprécie en quelques jours et qui laisse présager un second tome tout aussi agréable.

Chose assez rare pour être notée, des chansons écrites, jouées, chantées et enregistrées spécialement pour le livre sont disponibles sur le site d'Alexandra Monir, des chansons que l'on retrouve durant la lecture et qu'il est très agréable d'entendre mises en musique.

Ce livre n'est pas encore traduit en français mais ça ne saurait tarder vu le succès qu'il a eu Outre-Atlantique. En attendant, pour ceux qui lisent en anglais, c'est un niveau très abordable.


Combien de cupcakes ?





2/12 pour le Debut Author Challenge 2011 !

Élixir

Sur ce coup-là, j'avoue, j'avais envie de le lire juste parce que j'ai vu le nom d'Hilary Duff écrit en gros sur la couverture...

Ce qui m'a le plus surprise ce n'est pas qu'une chanteuse s'essaie à l'écriture, c'est qu'une "Disney-star" si jeune veuille écrire un livre. On apprend vite qu'elle n'a pas écrit le livre toute seule, mais au moins c'est (partiellement) assumé.

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Le père de Cléa a disparu il y a plusieurs mois sur les traces de l'élixir de vie, un breuvage légendaire supposé guérir et donner l'immortalité à qui le boit.

Sa mère se réfugie dans son travail de politicienne, et Cléa se repose sur ses deux meilleurs amis, Rayna et Ben, et sur son amour de la photographie, qui l'a toujours liée à son père.
Mais en développant les photos de ses dernières vacances en Europe (Cléa ne fait pas partie de la classe moyenne, vous allez vite vous en rendre compte vu la facilité avec laquelle elle prend l'avion pour des destinations diverses et variées), elle fait une étrange découverte : le même jeune homme mystérieux est présent sur chacune des photos, même quand il lui était physiquement impossible d'être là... Bientôt Cléa se met à rêver de lui, et de différentes jeunes filles, à différentes époques, avec qui elle se trouve beaucoup de points communs.

On va donc suivre les aventures de Cléa, qui se met à la poursuite en même temps de l'élixir de vie, de son père, de ses rêves et de l'homme-mystère (ça fait beaucoup mais elle y arrive, j'vous jure !).

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Pour tout dire, j'avais pas mal d'aprioris sur ce livre. "Encore un truc à la noix pondu par une star(lette) en mal de promo" est la première chose qui m'est venue à l'esprit (et encore, j'aime bien Hilary Duff, alors c'est gentil !). C'est peut-être le cas, mais j'ai été agréablement surprise par l'originalité du thème (pas de vampires, c'est rare ces temps-ci...) et par l'auteur qui n'en fait pas des tonnes.

Attention cependant, ça reste une histoire d'amants maudits, d'amourettes d'adolescents saupoudrée de paranormal (et non pas de surnaturel à mon sens) qui vise principalement les jeunes filles/femmes romantiques.

Malgré une fin intéressante, qui donne envie de lire la suite (en cours d'écriture par Hilary Duff et Elise Allen), j'ai trouvé que le début était un peu lent et que les personnages étaient mis en place assez laborieusement.
Cependant ce n'est pas le défaut principal du livre.

J'ai eu un autre problème (et de taille) à la lecture : grammaticalement, c'est quelquefois bancal...
Dans un même paragraphe on passe du passé composé au présent, un retour au passé mais simple cette fois-ci, puis un tour vers l'imparfait. Je ne me suis pas renseignée plus que ça sur la concordance des temps, mais ça m'a, à plusieurs reprises, stoppée dans ma lecture (s'ensuivent cinq minutes d'interrogation sur la justification de ces changements de temps bizarres), et si jamais c'est grammaticalement correct, ça n'en reste pas moins très maladroit.

Une autre incohérence d'Élixir : le niveau de langage utilisé. Cléa, 17 ans, est l'héroïne principale, et elle est généralement accompagnée de personnes entre 17 et 25 ans (grand maximum), pourtant on a droit à des répliques telles que :

Je n'ai pas pu résister...
"- Que lui as-tu fait ?" (moment d'énervement et de rage)
"- Comment allons-nous faire pour aller à la maison ?" (stress intense)
"- Alors, tu as le coeur qui bat à toute allure ?" (durant une course poursuite en voiture)
et ma préférée :
"- Oh, mais nous ne pouvons pas." (situation... osée, position tendancieuse).

Je ne connais PERSONNE qui parle en inversion sujet-verbe quotidiennement, encore moins des ados, même s'ils sont très bien élevés. Pas besoin de leur mettre des insanités dans la bouche, mais un peu de spontanéité ne ferait pas de mal (l'utilisation de "on" à la place de nous, c'est quand même assez répandu...) parce qu'à certains moments ils perdent vraiment toute crédibilité, et ça m'a un peu empêchée de m'attacher à eux.

Cependant je peux pas dire avec certitude que ce que je considère comme des erreurs soit du fait des auteurs étant donné que le livre est passé par une traduction (rapide vu qu'il est sorti en octobre aux États-Unis), il faudrait lire la VO pour voir si ces problèmes persistent, mais je ne pense pas le faire, il y a bien trop de livres à lire qui m'intéressent plus !

Ça reste une lecture positive, même si je suis intriguée par la mesure de travail fourni par Hilary Duff sur le produit final. A ne pas mettre entre les mains de lecteurs trop exigeants, ça reste quelque chose qui se lit vite et qui pose les bases d'une série qui risque d'avoir un franc succès outre-atlantique.

Combien de cupcakes ?

(Peut mieux faire...)



Merci beaucoup aux Éditions Michel Lafon et à Livraddict pour ce partenariat !


Les Loups de Mercy Falls, tome 1 : Frisson

Frisson a été LE livre qui m'a permis de réaliser que j'avais un gros défaut : je suis capable de vouloir (et de lire) un livre rien que parce que j'aime la couverture.
Oui. Rien que pour ça. Pour être honnête je ne suis même pas sûre d'avoir lu le résumé avant de l'avoir eu entre les mains.
Ça m'apprendra ! (mais faut dire que la couverture américaine est vraiment magnifique...).

Pour résumer rapidement, Grace vit dans une ville du Nord des États-Unis où il fait super froid en hiver, sa maison donne sur un bois dans lequel vit une meute de loups, elle a été presque tuée par cette même meute quand elle était petite et maintenant elle est fascinée par un des loups en particulier, et, chose étrange, ça a l'air d'être réciproque (attendez, faut que je reprenne ma respiration).

Quand elle se rend compte que "son" loup est en fait un humain (genre de loup-garou version thermomètre - l'explication arrive -) qui se transforme selon la température extérieure, elle est super contente Grace, parce que maintenant elle n'est plus zoophile, elle est juste une autre ado américaine amoureuse et niaise ! (Youpi ! Ou pas du tout.).
Mais tout n'est pas si rose, et on apprend vite que Sam (le garçon-loup donc), ne devrait plus rester un garçon très longtemps (Ooooh, quel dommaaaaage...).

Nous avons ici l'opposé du premier tome de Vampire Academy (qui, je le rappelle, avait brillamment contredit sa couverture méga-niaise avec une histoire mouvementée et intéressante) : une superbe couverture et une histoire qui n'en est pas une.

Oui. Parce que sur les 390 pages du bouquin, y'en a 250 qui donnent à peu près ça : Grace et Sam se regardent dans le blanc des yeux / Grace et Sam sont en voiture / Grace et Sam font la cuisine / Grace et Sam vont à la librairie (honnêtement, autant lire des Martine, c'est grossièrement le même concept, les illustrations en moins).
Heureusement, sur la fin, l'auteur se réveille (et le lecteur aussi par conséquent), et on a enfin droit à un peu d'action, un peu de stress et on se dit même "Tiens, j'vais peut-être lire le deuxième [parce que la couverture est jolie, et ça rendra bien sur mon étagère à côté du premier]".

Le style de l'auteur n'est pas désagréable, mais ça reste très passe-partout : pas beaucoup d'originalité (désolée, le truc du "Un chapitre, un protagoniste, un point de vue différent" est bien mieux maîtrisé par Georges R.R. Martin dans Le Trône de Fer, donc là ça m'a laissé une impression de fade) et une platitude qui m'a donné envie de dormir de nombreuses fois (je ne mens pas, je me suis couchée beaucoup plus tôt que d'habitude quand je lisais Frisson !).

Regardez comme ils vont bien ensemble...
J'peux pas laisser le premier tout seul, il va être triste !
Quant aux personnages... Mouais. Sam et Grace sont bien trop lisses, les autres ados du livre se ressemblent tous (les deux copines de Grace ne servent à rien et je les confondais sans arrêt), les parents de Grace tombent trop souvent dans les clichés des parents absents pour que ça soit crédible et le seul personnage que j'ai un tant soit peu apprécié c'est Beck, le père de substitution de Sam, qui a l'air d'être le seul à avoir de la personnalité...

En fait, ce qui m'a énervée dans ce livre, c'est qu'il n'est pas médiocre dans son ensemble, les 90 dernières pages sont vraiment pas mal, et je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir l'impression qu'un livre correct avait été découpé et délayé pour faire 3 tomes (et 3 fois plus de sous ?).
Je ne sais pas encore si je vais lire le second, j'aimerais bien trouver l'avis de quelqu'un qui n'avait pas vraiment aimé le premier et qui a fait l'effort de lire le deuxième, pour voir si le pourcentage de pages intéressantes est rédhibitoire ou non... À suivre donc.

Combien de cupcakes ?




The Time Traveler's Wife (Le Temps n'est Rien) - Livre/Film

Quand un film adapté d'un livre sort sur nos écrans, j'essaie toujours de lire le livre en premier, pour voir si les scénaristes (qui sont parfois accompagnés des auteurs du bouquin, comme ici) ont réussi à faire une bonne adaptation. Malgré les critiques de base qu'un spectateur ayant lu l'oeuvre originale pourra toujours avancer (il manque plein de choses, ça passe trop vite, les personnages ont été modifiés), il faut se rappeler que l'on aura rarement la chance d'avoir un copié/collé d'un livre à l'écran, tout simplement parce qu'un film de 10h n'attirerait pas beaucoup de spectateurs.
C'est avec cette problématique à l'esprit que je vais essayer de vous dire ce que j'ai pensé et du livre et du film...

Le livre

Commençons donc par le livre. En anglais c'est The Time Traveler's Wife, en français c'est Le Temps N'est Rien ou bien De Toute Eternité.


L'histoire est simple et compliquée à la fois. Henry voyage dans le temps depuis son plus jeune âge et se retrouve généralement à des endroits de son passé qui sont importants pour lui (et des fois il se retrouve dans des endroits improbables comme un parking souterrain ou au milieu d'un champ en pleine campagne). Claire, elle, voit Henry pour la première fois dans une clairière alors qu'elle est en train de jouer. A ce moment-là, Claire a 6 ans et Henry, qui vient du futur, en a 36. Durant toute son enfance et son adolescence, Claire va recevoir des visites d'Henry a des âges différents, allant de 29 à 43 ans. Et durant ces visites, Henry lui explique son "anomalie", certaines choses du futur, etc... Ce qui fait que quand Henry a 28 ans et rencontre Claire pour la première fois, elle, elle le retrouve après 2 ans d'absence et 14 ans de rencontres...

Oui, c'est un peu tordu, mais étant donné que l'auteur a la gentillesse de commencer tout ses segments par la date, puis l'âge des deux protagonistes, on comprend assez rapidement.

Ce livre je l'ai acheté quand le film était sur le point de sortir, je l'ai commencé dès sa réception et... je l'ai laissé traîner pendant presque un an. Pas qu'il soit dur à lire ou quoi que ce soit, mais je n'arrivais pas à être accrochée alors je me disais toujours "Ah tiens j'vais continuer The Time Traveler's Wife... Ah oui mais j'ai ça à lire, ça a l'air mieux". Et au final, il est resté dans ma pile en cours pendant de nombreux mois.
La semaine dernière je me suis dit "Bon, allez, j'y vais, j'le reprends et j'le lâche plus !". Et c'est ce qui s'est passé.

Je me suis attachée aux personnages, aux intrigues secondaires, et j'ai beaucoup aimé la tournure que prend le livre passé le premier tiers. Cependant, beaucoup de longueurs sur des sujets un peu niais m'ont irritée pendant mes heures de lecture. Oui, on a compris dès le début, ils sont faits l'un pour l'autre et ça va pas être facile, mais des fois ça tombe un peu dans le misérabilisme...

Ce que j'ai apprécié le plus, c'est l'histoire de base, l'intelligence de l'auteur qui réussit à me faire dire "Oula ! Mais comment c'est possible si Henry a... Ah non c'est bon, elle a raison." (Vous allez me dire, elle a forcément raison, je pense qu'elle a passé du temps sur sa trame chronologique la pauvre !) et la délicatesse avec laquelle les caractères des personnages ont été pensés.
Et puis, pour changer des romans totalement à l'eau de rose, dans celui-ci on ne se gêne pas pour aborder des sujets comme l'alcoolisme, l'addiction au sexe, le suicide, et tout un tas d'autres trucs super joyeux !

Combien de cupcakes ?



Le film

Intéressons-nous maintenant au film (qui s'appelle, en français, Hors du Temps).

Vu que j'avais (enfin) terminé le livre, le film, que j'avais depuis plusieurs mois (vive les dvd achetés en Angleterre ^^), ne demandait qu'à être regardé, donc je me suis donné quelques heures de battement pour bien assimiler le livre, et hop ! direction la télé pour comparer avec le film.
Je ne vais pas vous re-raconter l'histoire, c'est exactement la même. Enfin exactement... ça reste à voir.

En effet, au-delà des problèmes "classiques" que l'on rencontre dans les adaptations cinéma (genre faire passer 30 ans en 2h, c'était pas une réussite totale), j'ai été choquée par la "censure" qu'il y avait dans le développement du scénario.
L'alcoolisme du héros ? Disparu.
Le sexe perpétuel  (il a l'excuse que ça le retient dans le présent) ? Disparu.
Ingrid et ses problèmes ? Disparus.
La description crue de certains problèmes médicaux auxquels sont confrontés Claire et Henry ? Disparue.
La relation bizarre qu'ont Claire et Gomez ? Disparue.
Le fait que la mère de Claire soit maniaco-dépressive ? Disparu.

Et si on enlève tout ça, il reste quoi ? Bah un drame romantique tout bête. L'un des trucs que j'avais le plus hâte de voir à l'image c'était les cheveux de Claire. En effet, ils sont décrits à maintes reprises dans le livre et sont souvent discutés. Par exemple à son mariage, on passe deux pages sur le fait que Claire demande une coiffure précise tirée d'un tableau qu'elle affectionne tout particulièrement, ce qui ne plaît pas du tout à sa mère. Et là, rien. C'est un détail, mais bon...

Et comble du comble : ils ont changé la fin !! (Je vous entends déjà dire "Bouuuh ! Nuuul !" et vous avez raison.). On passe donc d'une fin incroyable et qui donne tout son sens au livre à une fin de... vous l'avez deviné, une fin de comédie romantique. C'est bien dommage. J'ai été d'autant plus surprise de constater que l'auteure avait participé à l'écriture du scénario (dans quelle mesure, là est la question.). Au final, j'ai pas dormi, mais c'était peut-être tout simplement parce qu'on était en plein milieu de l'après-midi.

Combien de cupcakes ?

(ça fait pas grand-chose à manger)