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La Potion Magique de Georges Bouillon

On ne présente plus Roald Dahl et ses livres merveilleux, tous plus originaux les uns que les autres.
Ceux qui n'en ont jamais lu un doivent se précipiter sur Charlie et la Chocolaterie, Sacrées Sorcières ou Matilda, vous retomberez en enfance instantanément !

Georges est un petit garçon de 8 ans qui vit dans une ferme avec ses parents et sa grand-mère acariâtre. Un samedi matin, pendant que son père travaille aux champs, sa mère lui demande de s'occuper de sa grand-mère pendant qu'elle va faire les courses : à 11h il devra lui donner une cuillère à soupe de médicament.

Mais la grand-mère de Georges n'est pas vraiment quelqu'un de très agréable, et il en déduit vite que pour régler ce problème il suffit de lui mitonner un nouveau médicament qui la rendra plus gentille et plus dynamique... Il va donc parcourir la maison à la recherche d'ingrédients divers et variés à mettre dans sa casserole pour faire une potion magique unique en son genre !

Comme d'habitude on prend un plaisir fou à suivre les élucubrations de Roald Dahl (je me demande bien comment il était dans la vie de tout les jours...), et le style est encore une fois fluide et rigolo, agréable mais original.
Comme dans la majorité de ses livres, on a droit à quelques chansons bien trouvées (qu'est-ce que j'aimerais les avoir en musique) avec des rimes totalement farfelues.

La Potion Magique de Georges Bouillon a un peu fait office de madeleine de Proust chez moi, non pas parce que je l'avais déjà lu étant petite (même si c'est le cas), mais parce que "faire de la patouille" (comme on appelle ça quand on est petit) est une activité très répandue chez les 3-9 ans, et qui a toujours autant de succès à l'heure actuelle. Qui n'a jamais mélangé de la terre, de l'eau, des cailloux, et tout ce qui se trouvait à portée de main pour ensuite convaincre ses parents que c'était un gâteau délicieux ?

Ce que j'ai trouvé différent des autres oeuvres de Roald Dahl, c'est la distance entre Georges et sa famille, le peu de liens qu'ils semblent avoir les uns avec les autres, c'est assez perturbant... Bon d'accord, la grand-mère de Georges n'est pas vraiment une mamie gâteau, mais ses parents ne lui sont pas très attachés non plus et au final j'ai eu un peu l'impression que Georges était vraiment seul dans cette aventure (pas forcément dans le mauvais sens du terme, seul comme peut l'être un enfant de 8 ans qui s'invente son propre monde pendant qu'il joue).

Au final un joli goût de magie et de nostalgie pour un des Roald Dahl les plus rapides à lire ! (parfait pour les 8-10 ans qui n'aiment pas les histoires qui traînent en longueur).

Combien de cupcakes ?



Ce livre fait partie du Challenge Jeunesse, ce qui m'amène à 8/20.
(à moi la médaille en chocolat, wouhou !)


Le Guide du Toujours Jeune Père

Tout d'abord, je tiens à remercier (encore) BoB pour ce partenariat que j'ai fait un peu traîner (milles excuses, je l'avais oublié pendant les vacances !).

Bon alors, je ne suis pas un jeune père, je ne suis même pas un homme d'ailleurs, et je suis encore loin d'avoir des enfants, mais les livres humoristiques de ce genre sont généralement lisibles par tout le monde, et j'adore voir le comportement adolescent décrypté (et moqué) !

Pierre Antilogus et Jean-Louis Festjens nous livrent donc une quatrième collaboration après Le Guide du Jeune Père, Le Guide de Survie à l'usage des Parents et Le Guide du Jeune Couple (je n'en ai lu aucun, je précise).

Faire le résumé d'un ouvrage de ce genre étant quasiment impossible, je vais me contenter d'expliquer dans les grandes lignes de quoi ça parle.
Les auteurs appréhendent l'ado comme une bête sauvage (ce qu'il est souvent, je le reconnais) et nous livrent leurs conclusions sur les réactions qu'il faut et ne faut pas avoir, la façon dont il faut lui parler, les petits secrets pour le comprendre, et la réponse à des questions que les parents doivent se poser assez régulièrement (Comment lui faire ranger sa chambre ? Existe-t-il un site internet où l'on pourrait acheter le bac ? Comment la convaincre de ne pas sortir avec Kévin, le gothique sataniste ?).

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : je n'ai pas aimé. Trop de métaphores, trop de clichés, trop de digressions, trop d'humour beauf, et bien trop de blagues déjà entendues/lues/vues un peu partout.
Pourtant ça aurait pu être génial, le concept et la quatrième de couverture m'avaient donné vraiment envie et les ados... et bien on va juste dire que la bêtise des ados n'est pas légendaire pour rien.
Je ne sais pas trop quoi dire sur ce livre, il m'a laissé un arrière-goût amer de vite-écrit-mal-renseigné (j' y retrouve plus les ados des années 90 que ceux de maintenant) et j'ai même fini les 60 dernières pages en diagonale tellement j'en avais marre... (bouh, pas bien !).



Le style ne m'a pas emballée, les chapitres, sous-chapitres, catégories et autres encarts encadrés m'ont donné l'impression que quasiment chaque paragraphe avait un titre, c'est un peu trop riche pour moi, et je me suis même retrouvée à me demander combien de pages on gagnerait sans toute cette mise en page (une bonne trentaine selon moi, ce qui fait quand même beaucoup).
J'ai particulièrement trouvé maladroits les encarts "Lionel Choupard, président de l'Association pour Amitié entre les Pères" et encore plus ceux des auteurs (ils écrivent déjà le livre, pas besoin de refaire des encarts dedans). J'estime également ne pas avoir besoin de lire 26 fois le nom des auteurs du livre DANS le livre, ça m'a vraiment chiffonnée (un peu trop narcissique pour moi).

Ce qui m'a le plus déçue, c'est que je n'ai pas ri une seule fois. Et pour un livre humoristique, c'est mauvais signe. En fin de compte, pour avoir ma dose d'humour sur les ados débiles, je continuerais à lire le blog de Princesse Soso, au moins là je m'esclaffe en lisant !


Combien de cupcakes ?



Merci (quand même) à BoB et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !





Accros du Roc (Les Annales du Disque-Monde, tome 16)

Je retrouve (avec plaisir) Terry Pratchett et ses Annales du Disque-Monde après plus de 2 ans de pause. Quand on se retrouve à lire une série si longue, il y a forcément un moment où on a envie de changer un peu de style (en tout cas, moi j'avais eu du mal passé le 12ème tome...). J'avais commencé Accros du Roc il y a fort longtemps et j'avais abandonné au bout d'environ 150 pages. N'en ayant plus aucun souvenir, j'ai recommencé à zéro.

Dans ce 16ème tome on retrouve des personnages bien connus du lecteur assidu de Pratchett (La Mort, Planteur J'Me-Tranche-La-Gorge, l'archichancelier Ridculle et bien d'autres) et on en découvre des nouveaux.

L'histoire suit la création du Groupe de Roc, mené par Kresken Kelenn aka Buddy (Holly, traduction de son nom de famille) et une guitare mystérieuse et magique trouvée dans une boutique non moins mystérieuse et magique.

En parallèle, on rencontre pour la première fois Suzanne, la fille d'Ysabell et Mort (cf. Mortimer), qui, malgré son improbable capacité à être tellement discrète qu'on ne la voit pas, suit une scolarité à peu près normale dans un pensionnat de Quirm. Mais La Mort, prise d'une crise philosophique, disparaît soudainement (pour en fait s'engager dans la Légion Klatchienne) et Suzanne se retrouve obligée de la remplacer, assistée par La Mort aux Rats.

Et un soir où Suzanne est supposée "tuer" Kresken/Buddy, elle sera témoin d'un phénomène tout à fait bizarre : dans le sablier de la vie de Buddy, au moment où le dernier grain de l'avenir tombe dans ceux du passé, quelque chose d'autre continue à couler... Quelque chose de brillant et de rythmique... des grains de musique de rocs.

Le Disque-Monde, soutenu par quatre éléphant
eux-mêmes juchés sur la grande A'Tuin.

Comme d'habitude, les allusions et jeux de mots sont légion, Patrick Couton (le traducteur) a encore fait un travail tout à fait remarquable (c'est pas pour rien qu'il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire en 1998 !). C'est avec un plaisir non dissimulé qu'on voit les mages devenir des adolescents rebelles qui peignent leur chambre en noir, font clouter leurs robes "Né dans les runes" et se mettent à porter des pantalons.

Cependant il manque quelque chose à ce tome, l'accroche est difficile (pourtant j'étais plus qu'enthousiaste) et je ne me suis attachée à aucun des personnages (sauf peut-être, ironiquement, à La Mort). Les deux histoires parallèles s'entrecoupent bizarrement et je n'ai pas retrouvé la fluidité de la narration de Pratchett (je les lis généralement d'une traite tellement je suis à fond, mais là on était loin du compte).

Je n'en tiens cependant pas rigueur à l'auteur, les personnages des Annales sont tellement différents qu'il y a forcément des tomes qui vont moins me plaire, et je suis déjà prête à entamer le 17ème !


Combien de cupcakes ?

Chroniques d'une Prof qui en Saigne

Princesse Soso (j'ose espérer que ses élèves l'appellent autrement) est prof d'anglais dans un collège perdu au fin fond de la campagne. Elle raconte ses mésaventures sur son blog depuis quelques temps déjà, et laissez-moi vous dire que pour toute personne de moins de 35 ans travaillant dans un collège, ce blog c'est un peu comme... comme si Princesse Soso était dans ton cerveau et retranscrivait tes moindres pensées dans ses billets. Oui, à ce point-là.

"Mais c'est impossible!" me direz-vous, "Au collège les élèves ne sont pas si horribles que ça.". Et bien SI.
Attention, je ne suis pas prof, je n'ai donc pas exactement le même point de vue, mais mon Dieu que c'est bon de se rendre compte que se moquer des classes de SEGPA quand ils sont vraiment trop chiants ça fait du bien à d'autres personnes que moi. Ça fait du bien à Princesse Soso et ses amis aussi. Et tant mieux.

Vous comprendrez bien que faire un résumé d'un livre tiré d'un blog, c'est pas facile, alors bah... je le ferais pas. Chroniques d'une prof qui en saigne est construit comme un journal pas-très-intime (mais avec des bonnes grosses méchancetés à l'intérieur, comme un Kinder mais en mieux si vous voyez ce que je veux dire), très certainement parce que pour fusionner des dizaines de billets en un seul bouquin, c'est le format qui rend le mieux au final.

Princesse Soso aime Sephora, les sixièmes trognons qui lui offrent des autocollants Hello Kitty, Super Nanny, se mordre la main pour s'empêcher de rire et par-dessus tout, elle aime Pierre Bénichou.
Princesse Soso n'aime pas Paquita, la SEGPA qui a 40 piercings et 6 tatouages, les parents démissionnaires, se demander si un élève n'a pas un couteau dans son sac rangé à côté de sa bouteille de Malibu et se rendre compte que des élèves ne savent quasiment pas lire.

On mélange un bon coup, on ajoute beaucoup d'humour et pas mal de méchancetés, des idées bien arrêtées sur le système éducatif dans son état actuel et on se retrouve avec un livre qui se dévore en quelques heures. Pour moi la motivation principale c'était le "Encore un chapitre, j'veux voir jusqu'où son collège ressemble au mien", mais pour les gens hors Éducation Nationale, je suppose que ça sera "Naaaaaaaaan ! J'y crois pas ! C'est pas possible !".

"Monsieur Chatel, écoutez Princesse Soso,
sinon gare à vous !"
Le seul écueil rencontré par Princesse Soso, c'est la répétition. Bon, d'accord, c'est peut-être parce que j'ai lu le livre d'une traite. Mais les "choupis" j'ai l'impression d'en avoir lu 2584 et pareil pour certaines expressions qu'elle affectionne beaucoup (le "pansement sur une jambe de bois" par exemple).
Il y a peut-être une certaine redondance dans ses idées, mais vu que je suis totalement d'accord avec elle (à part sur le vouvoiement), je me dis que ça peut pas faire de mal, les gens s'en rappelleront mieux, et qui sait, peut-être que notre cher et tendre Ministre de l'Éducation lira, retiendra et appliquera quelques-unes de ces idées logiques et sensées qui n'ont jamais réussi à monter jusqu'à lui...
En dehors de ses considérations sur l'Éducation (avec un grand É), ce qui est génial dans ce livre c'est qu'il est bourré d'anecdotes tordantes racontées avec humour et dérision (les rencontres parents-profs c'est ce que j'ai préfèré), et même si on a un peu envie de mourir ("Des parents comme ça existent vraiment ?"), c'est en se marrant franchement qu'on continue.

J'ai donc adoré Chroniques d'une prof qui en saigne, je suis déjà en train de chercher à qui je pourrais l'offrir à Noël ("Tiens, toi qui dis tout le temps que c'est cool et relax de bosser avec des collégiens, lis-moi ça !") et il y a même des moments pendant lesquels j'ai été totalement incapable de retenir des éclats de rire sonores.

Combien de cupcakes ?


et même... roulement de tambour...
LE CUPCAKE COUP DE COEUR !




Merci encore aux éditions Michel Lafon et à BoB pour ce partenariat !