Ce Noël, pendant que mes cousins déballaient leurs cadeaux, mon regard a été attiré par un livre posé négligemment sur une table : "C'est à qui ça ?" "Ah, c'est à moi, je viens de le déballer" [insérez-ici un air "Pfff, les livres c'est nul" et imaginez mon désarroi].
Je n'ai toujours pas compris comment il a fait pour ne pas se précipiter sur cette BD vu que la couverture est à la fois magnifique et prometteuse (morbide, jolie et drôle à la fois, que demander de plus ?) mais bon, passons. JE me suis précipitée dessus, j'ai décidé qu'il me la fallait absolument et j'ai noté le titre dans un coin de mon esprit.
Un mois plus tard, c'est chose faite, je l'achète, et je le mets dans ma Pile A Lire en me forçant à ne pas me précipiter dessus comme une morphale. J'ai tenu deux semaines et je suis très fière de moi !
Billy Brouillard est un petit garçon doté d'un don fabuleux mais qui fout quand même un peu les chocottes : le don de trouble-vue. En effet, quand il enlève ses lunettes (que ses parents lui disent tout le temps de remettre, mais il s'en fiche), le monde lui apparaît disons... différemment. Et un peu plus macabre que la normale aussi.
Au début du volume, on découvre que le chat de Billy, Tarzan (qui n'est pas sans rappeler un Clark Gaybeul un peu plus soft) est mort. Il est tellement mort qu'il est tout raplapla et qu'il a des vers qui lui sortent des trous de nez...
Et ça, Billy, ça lui fait peur. Si Tarzan il peut mourir comme ça, tout le monde peut mourir. Même lui.
Hors de question ! Billy Brouillard ne se laissera pas faire comme ça, d'abord il veut des réponses ! Il questionnera donc le Père Noël, sa voisine fantôme Léa et tout un tas de créatures bizarres qu'il rencontrera au fil de ses aventures...
Ce premier tome des aventures de Billy Brouillard est loin d'être glauque, même si c'est un petit garçon très orienté sur le côté macabre et morbide de l'existence.
Le trait est fin et n'est pas sans rappeler les travaux de Tim Burton, même si c'est loin d'être la seule inspiration.
On y retrouve pêle-mêle de la bande-dessinée classique, le bestiaire de Billy, la Gazette du Bizarre, des portraits et des publicités diverses et variées.
Malgré l'âge du protagoniste, Billy Brouillard n'est pas une BD pour les enfants, elle correspond plutôt à la tranche d'âge 13-16 ans, même si les adultes y trouveront amplement leur compte.
Ayant toujours été une trouillarde de première, j'ai totalement accroché à la vision du monde de Billy, parce que je sais à quel point les enfants peuvent se persuader que l'ombre du portemanteau dans le coin de la chambre est en fait un vampire venu leur sucer le sang nuit après nuit.
Guillaume Bianco arrive à nous faire aimer ses personnages morbides, ses insectes carnivores et ses fantômes flippants (mention spéciale à La Petite Fille aux Couteaux) tout en gardant à l'esprit que Billy est un enfant et en nous laissant entrevoir à plusieurs reprises son innocence et sa naïveté.
J'ai hâte de pouvoir me procurer les volumes suivants car j'ai entendu dire que ça allait en s'améliorant, alors que j'ai déjà beaucoup aimé celui-ci... Et je suis maintenant à l'affût des prochaines dédicaces de l'auteur, j'adorerais rencontrer l'homme qui a imaginé Billy Brouillard et son monde à la fois tordu et adorable !















