Warped

Warped est mon premier livre lu dans le cadre du Debut Author Challenge 2011, qui met en avant les auteurs qui publient pour la première fois cette année dans la catégorie Young Adult.

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Tessa Brody, 16 ans, vit avec son père au dessus de leur librairie (le rêve !) et a pris pour habitude de l'accompagner dans ses recherches de volumes rares et anciens. Ce jour-là, pendant une vente aux enchères, son père se porte acquéreur d'un carton de vieux livres et d'une malle dans laquelle se trouve un manuscrit vieux de plusieurs centaines d'années et une tapisserie (au moins aussi vieille) représentant une licorne sauvage (oui bon, dis comme ça, ça fait un peu kitsch, je sais...).

Au moment précis où Tessa touche la tapisserie, elle se met à rêver debout. Mettant ça sur le compte de la fatigue, elle accroche la tapisserie dans sa chambre. C'est là qu'elle se rend compte qu'un fil en dépasse... Elle tire dessus, et un jeune homme clairement d'une autre ère apparaît dans sa chambre !
On apprend rapidement que Will a été piégé sous forme de licorne dans la tapisserie par Lily la Grise, à la recherche de l'immortalité. Maintenant que Will est libre, Lily recommence à vieillir et se met donc à la recherche de sa tapisserie, et elle ne s'arrêtera à rien pour forcer le jeune seigneur à y retourner.
Mais les Nornes, les fileuses de nos vies, divinités implacables, sont maintenant persuadées que si la tapisserie du Destin est pleine de noeuds, c'est à cause de Tessa, et elles réclament le retour des fils manquants, sans quoi la vie de Tessa pourrait se retrouver totalement altérée par un retissage....

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Pour son premier livre, Maurissa Guibord a fait preuve d'une originalité rafraîchissante : un roman qui touche au paranormal mais dans lequel on ne retrouve ni vampire ni loup-garou ! (j'exagère pas tant que ça quand on voit tout ce qui sort avec le mot "vampire" dans le titre...).

Je m'attends toujours, dans une première oeuvre, à trouver des maladresses, des erreurs de syntaxe, des problèmes dans la chronologie... Et là, malgré des allers-retours dans le passé, on voit que l'auteure maîtrise totalement l'environnement dans lequel ses personnages évoluent.

Les Nornes et Yggdrasil, l'arbre-monde.

J'ai particulièrement apprécié les chapitres très courts, c'est le genre de trucs qui me fait dire "Bon, allez, encore un" et soudain il est 3h du matin...
Le style est fluide, simple, rapide à lire, c'est agréable, mais des fois ça a l'effet contraire... J'aurais aimé de temps en temps un peu plus de profondeur, de complexité, et j'aurais adoré avoir plus de détails sur la mythologie qui entoure les Nornes et Yggdrasil, l'arbre-monde sous lequel elles vivent.

Les personnages sont intéressants, Tessa est une adolescente, une vraie de vraie, et c'est quelquefois horripilant, mais Will, Moncrieff, Lily la Grise et Jackson Brody, le père de Tessa, rattrapent le coup en nous offrant des caractères recherchés et des méchants qu'on adore détester.

Quand on associe la mythologie Nordique au Moyen-Âge et au tissage de tapisseries, on se retrouve avec un roman qui pourrait être un peu désuet mais qui au final est surtout délicat et enchanteur. On reste dans le politiquement correct tout au long de l'histoire et la romance naissante entre les deux personnages principaux n'est pas vraiment surprenante, mais la lecture reste agréable.
Vivement une traduction française pour ceux d'entre vous qui ne lisent pas en anglais (et si jamais vous cherchez à vous lancer, le niveau de langage dans Warped est très accessible, c'est l'occasion !).


Combien de cupcakes ?




Incarceron

Depuis que j'ai lu Fahrenheit 451, je suis partie dans une période "dystopie", et je me rends compte que c'est vraiment un genre que j'apprécie énormément !
Dans cette veine et étant donné que je n'ai vu que des critiques élogieuses sur de nombreux blogs, Incarceron a vite rejoint ma liste de livres à lire de toute urgence.

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Finn, un jeune garçon d'environ 17 ans, vit dans Incarceron, le monde-prison totalement hermétique mis en place par le gouvernement il y a plusieurs centaines d'années. Tout les gens d'Incarceron sont nés dans la prison, il n'y a pas d'autre possibilité, même si Finn est persuadé de venir de l’Extérieur. En proie à des crises violentes qui lui font voir un ciel étoilé, il est perçu comme un prophète capable de suivre les traces de Sapphique, le seul prisonnier à avoir réussi à s'échapper de la prison.

Claudia, 17 ans également, est la fille du Gardien d'Incarceron, et vit, comme toute la population de l'Extérieur, dans un monde intentionnellement bloqué au 18ème siècle. Elle a été promise au fils de la Reine dès son plus jeune âge, et la date de son mariage approche à grands pas. Mais Claudia a un caractère affirmé, et même les menaces de son père ne l'empêcheront pas de chercher à savoir ce qui se cache derrière ces manipulations diplomatiques.

Cependant, la découverte de deux clés de cristal, une dans Incarceron, l'autre dans le manoir de Claudia, va permettre aux deux adolescents de communiquer, et peut-être même de découvrir des choses sur eux-mêmes et sur leur entourage qu'ils n'auraient jamais imaginé.

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L'originalité d'Incarceron réside dans le monde imaginé par Catherine Fisher.

L'environnement de Claudia, fastueux et désuet ne permet pratiquement aucune entorse au Protocole et force tout le monde, riches comme pauvres, à vivre coincés dans un 18ème siècle à peine amélioré.
Son seul allié est son tuteur, un des Sapient les plus érudit de sa génération. Mais la santé de Jordan est fragile, et il reste un employé du Gardien d'Incarceron, même s'il bénéficie de sauf-conduits généreux.

Même quand Claudia est dans une position malaisée, on imagine toujours son monde comme lumineux et agréable (il y est souvent fait référence à une nature luxuriante et verdoyante) même si on sent très bien qu'elle n'est pas entièrement libre.

Incarceron est diamétralement opposé à cela. Supposé être un organisme-prison s'autogérant jusqu'à devenir un paradis, on devine rapidement que quelque chose ne s'est pas passé comme prévu.
En effet, les prisonniers (et maintenant leurs descendants) se sont organisés en bandes, gangs et villages et vivent sous la surveillance perpétuelle de l'oeil rouge d'Incarceron.

La prison est vivante dans son intégralité et elle réutilise tout ce qui meurt indéfiniment. Ce monde est sombre, malsain, vicieux, et on sent la présence d'Incarceron à chaque page lue.

Je n'ai jamais réussi à m'attacher entièrement aux personnages, le caractère de Claudia m'a trop fait penser à celui d'une enfant gâtée, et celui de Finn m'a semblé trop détaché du monde et des évènements. Cependant les personnages secondaires font la force du récit, et Gildas, Keiro, Attia, Jordan, la Reine et le Gardien m'ont passionnée !

J'ai ressenti un certain déséquilibre dans le livre, dans le sens où même si je préférais le personnage de Finn, j'étais plus intéressée par les mésaventures de Claudia et j'ai donc traîné un peu sur les passages à l'intérieur de la prison.

L'histoire est rondement menée, même si quelques longueurs ont ralenti ma lecture, et les rebondissements m'ont tenue en haleine tout au long du livre. J'ai adoré la complexité des relations entre les personnages, les informations distillées au compte-goutte au fur et à mesure du déroulement du récit et les intrigues parallèles.

Même si je n'en garderais certainement pas un souvenir impérissable, ma curiosité est piquée, et j'ai sincèrement envie de savoir ce qu'il va advenir des protagonistes dans le tome suivant (je le garde pour dans quelques semaines, je n'ai pas envie d'enchaîner tout de suite cependant).

Combien de cupcakes ?


Billy Brouillard, tome 1 : Le Don de Trouble Vue

Ce Noël, pendant que mes cousins déballaient leurs cadeaux, mon regard a été attiré par un livre posé négligemment sur une table : "C'est à qui ça ?" "Ah, c'est à moi, je viens de le déballer" [insérez-ici un air "Pfff, les livres c'est nul" et imaginez mon désarroi].

Je n'ai toujours pas compris comment il a fait pour ne pas se précipiter sur cette BD vu que la couverture est à la fois magnifique et prometteuse (morbide, jolie et drôle à la fois, que demander de plus ?) mais bon, passons. JE me suis précipitée dessus, j'ai décidé qu'il me la fallait absolument et j'ai noté le titre dans un coin de mon esprit.

Un mois plus tard, c'est chose faite, je l'achète, et je le mets dans ma Pile A Lire en me forçant à ne pas me précipiter dessus comme une morphale. J'ai tenu deux semaines et je suis très fière de moi !

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Billy Brouillard est un petit garçon doté d'un don fabuleux mais qui fout quand même un peu les chocottes : le don de trouble-vue. En effet, quand il enlève ses lunettes (que ses parents lui disent tout le temps de remettre, mais il s'en fiche), le monde lui apparaît disons... différemment. Et un peu plus macabre que la normale aussi.

Au début du volume, on découvre que le chat de Billy, Tarzan (qui n'est pas sans rappeler un Clark Gaybeul un peu plus soft) est mort. Il est tellement mort qu'il est tout raplapla et qu'il a des vers qui lui sortent des trous de nez...
Et ça, Billy, ça lui fait peur. Si Tarzan il peut mourir comme ça, tout le monde peut mourir. Même lui.
Hors de question ! Billy Brouillard ne se laissera pas faire comme ça, d'abord il veut des réponses ! Il questionnera donc le Père Noël, sa voisine fantôme Léa et tout un tas de créatures bizarres qu'il rencontrera au fil de ses aventures...

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Ce premier tome des aventures de Billy Brouillard est loin d'être glauque, même si c'est un petit garçon très orienté sur le côté macabre et morbide de l'existence.
Le trait est fin et n'est pas sans rappeler les travaux de Tim Burton, même si c'est loin d'être la seule inspiration.

On y retrouve pêle-mêle de la bande-dessinée classique, le bestiaire de Billy, la Gazette du Bizarre, des portraits et des publicités diverses et variées.
Malgré l'âge du protagoniste, Billy Brouillard n'est pas une BD pour les enfants, elle correspond plutôt à la tranche d'âge 13-16 ans, même si les adultes y trouveront amplement leur compte.



Ayant toujours été une trouillarde de première, j'ai totalement accroché à la vision du monde de Billy, parce que je sais à quel point les enfants peuvent se persuader que l'ombre du portemanteau dans le coin de la chambre est en fait un vampire venu leur sucer le sang nuit après nuit.

Guillaume Bianco arrive à nous faire aimer ses personnages morbides, ses insectes carnivores et ses fantômes flippants (mention spéciale à La Petite Fille aux Couteaux) tout en gardant à l'esprit que Billy est un enfant et en nous laissant entrevoir à plusieurs reprises son innocence et sa naïveté.

J'ai hâte de pouvoir me procurer les volumes suivants car j'ai entendu dire que ça allait en s'améliorant, alors que j'ai déjà beaucoup aimé celui-ci... Et je suis maintenant à l'affût des prochaines dédicaces de l'auteur, j'adorerais rencontrer l'homme qui a imaginé Billy Brouillard et son monde à la fois tordu et adorable !

Combien de cupcakes ?