Vampire Academy, tome 1 : Soeurs de Sang

Cela fait plusieurs mois que j'entends parler de Vampire Academy, mais je ne l'avais pas acheté pour deux raisons :

  1. Le titre est ridicule.
  2. La couverture est ridicule.
Bon, je sais, c'est pas une excuse, si un livre est vraiment bon on passe au dessus de ces choses-là, mais vraiment, cette couverture... On dirait l'enfant caché d'un Harlequin qui serait tombé sur Twilight, ça fait pas vraiment sérieux. Comment lire ça au boulot sans perdre de crédibilité face aux élèves ? Impossible.

Heureusement, le monde est bien fait et mon adorable maman m'a offert un Kindle pour Noël ! (je ferais un article fin janvier, après un mois d'utilisation). Et avec le Kindle, personne ne peut voir ce que tu es en train de lire (et puis comme c'est généralement en anglais, même si quelqu'un veut le regarder, ils ne comprennent généralement rien). Donc je me suis procuré le premier tome de Vampire Academy, en VO, pour la modique somme de 7.99$, soit à peine 6€ (pas beaucoup moins cher que le poche américain MAIS je ne dois pas supporter cette couverture horrible !).

Dans ce premier tome, Richelle Mead nous introduit dans le monde de Rose et Lissa, l'héroïne et sa meilleure amie.
Lissa (Vasilisa Dragomir de son nom complet) est une Moroï, c'est à dire une "gentille" vampire, qui se nourrit grâce à des humains volontaires, ne tue pas et ne devrait normalement pas tarder à se spécialiser dans une catégorie de magie (terre, eau, feu, air). Elle est la dernière survivante d'une des douze famille royale de la communauté Moroï et fait donc partie d'une certaine élite.
Rose Hathaway n'est pas vampire, elle est dhampir. Les Dhampirs sont le fruit des unions entre humains et Moroïs, et Rose, comme beaucoup de jeunes dhampirs, étudie à l'Académie pour devenir gardienne, c'est-à-dire garde du corps d'un ou une Moroï (et si ça pouvait être Lissa, ça l'arrangerait vachement.).

Quand commence le récit, Lissa et Rose sont en fuite, vivent dans le monde humain et tentent de mener une vie à peu près normale. Très vite, elles sont retrouvées et ramenées de force à l'Académie, où leur disparition a beaucoup fait parler d'elles. On découvre rapidement qu'un lien plus que spécial rapproche nos deux héroïnes, que Lissa a des pouvoirs inhabituels pour une Moroï et que cela risque de la rendre très vite folle...

Dans le genre "couverture ridiculement niaise",
l'éditeur persiste et signe pour les tomes suivants.

Pour le côté romance, un viril gardien Russe, Dimitri Belikov, fait tourner la tête de Rose pendant ses séances d'entraînement intensif et Lissa de son côté se rend vite compte que ce n'est pas forcément son ex, très beau, très royal et très vide qui l'intéresse.
Cependant, il faut se rappeler que les jeunes filles n'ont que 17 ans, et que l'auteur est américaine, donc pas de choses trop sexuelles (même si, comme dans tout les lycées, c'est ce à quoi pensent beaucoup des personnages), ne vous inquiétez pas pour vos chères têtes blondes.

J'ai commencé ma lecture avec un a-priori, persuadée que j'allais vite être submergée de niaiserie et de vampires beaux gosses, mais ce n'est pas le cas.

L'auteur a fait un effort concernant le monde dans lequel évoluent ses personnages, il y a beaucoup de choses particulières à cette saga (la différence entre les Moroïs et les Strigoïs -- qui sont eux devenus de vrais vampires comme on les imagine : assoiffés de sang, cruels, qui ne vivent que la nuit -- la magie présente un peu partout chez les Moroïs,  le caractère bien trempé de l'héroïne, qui n'est pas forcément recommandable, etc...) qui en font tout le charme et l'originalité.

Attention, vous n'êtes pas en présence de grande littérature, on s'en doute ! (déjà avec une telle couverture...).
Les adolescentes à partir de 13 ans vont tout simplement adorer, surtout parce que l'auteur n'a pas écrit son livre comme si elles étaient des débiles à qui il faut tout expliquer tout le temps (quelque chose que je ne supporte pas dans la littérature jeunesse), et même si je ne suis plus en âge d'être au collège, j'ai également beaucoup apprécié cette lecture.

Les personnages changent vraiment de l'ordinaire, Rose a un sale caractère, est impulsive, violente et pourtant c'est une héroïne qu'on prend énormément de plaisir à suivre. Lissa me paraissait beaucoup plus conventionnelle au début, mais une fois qu'on apprend comment elle se débrouille pour gérer sa douleur mentale, elle prend vite une toute autre dimension et devient un des personnages les plus intéressants.

Là c'est déjà mieux !
Ça se lit vite, c'est très bien construit, on est très vite pris au jeu et le récit ne manque pas de rebondissements inattendus (ce qui change des récits pleins de créatures surnaturelles mais dépourvus de toute originalité scénaristique).
Un solide premier tome donc, qui m'a même donné envie de passer outre la couverture encore plus ridicule (c'était possible !) du second tome pour m'y atteler assez rapidement !

Combien de cupcakes ?



Ah, et Bonne Année au fait ! 

La Quête d'Ewilan, tome 1 : D'un Monde à l'Autre

J'entends parler de Pierre Bottero en termes élogieux depuis plusieurs mois, et le baby-challenge Jeunesse auquel je me suis inscrite a donc été l'occasion de tester. Je vais essayer de faire un article assez court étant donné qu'il y a déjà pas mal d'avis sur ce premier tome... (voyez ici par exemple).

Pour l'histoire, voici un résumé rapide : Camille, sur le point d'être renversée par un camion, se retrouve subitement dans une réalité parallèle face à un monstre qui tente de la tuer. De retour (tout aussi subitement) dans notre monde, elle s'empresse de prévenir Salim, son meilleur ami, de ce qui lui est arrivé.
Camille et Salim retournent rapidement en Gwendalavir et y apprennent que le vrai prénom de la jeune fille est Ewilan et qu'elle est Dessinatrice, c'est-à-dire qu'elle rend réel ce qu'elle dépeint dans son esprit. S'ensuit tout un tas de mésaventures (on s'en doutait un peu !).

Première chose que je trouve importante : ce livre est fait pour être lu en classe ! (c'est d'ailleurs pour ça que j'en ai commandé 10 exemplaires dans le cadre du Club Lecture que j'anime dans le collège où je travaille). En effet, la construction est parfaite pour des collégiens : le livre est bien rythmé, les chapitres sont courts et le duo Camille/Salim permet aux filles comme aux garçons de s'identifier aux héros.
Les enfants y trouveront leur compte, les adultes peut-être un peu moins, mais c'est tout de même très agréable à lire. L'histoire est originale, poétique (voyager dans l'Imagination, être Dessinateur...) et pleine de rebondissements (auxquels on s'attend un peu quand on est un habitué de la littérature jeunesse, mais ça n'enlève rien au charme du récit).

J'ai énormément apprécié les descriptions très visuelles (des personnages comme des paysages) qui permettent d'être réellement immergé dans le récit... Par contre, je n'ai vraiment pas réussi à aimer Camille comme je peux aimer Harry dans la série de J.K. Rowling ou Lyra dans A la Croisée des Mondes. J'ai été régulièrement irritée par son caractère ou ses réactions et j'ai de très loin préféré la vision des choses de Salim, qui me semblait également beaucoup plus crédible comme personnage.
Je me demande si le fait de lire trop de critiques élogieuses n'a pas faussé mon jugement. J'aurais peut-être jugé le livre meilleur si je l'avais découvert par moi-même...

En somme j'ai bien aimé, je lirais certainement la suite car le style de Pierre Bottero est plus qu'agréable, mais j'espère cependant que cela s'améliore au fur et à mesure qu'on avance dans les tomes et les trilogies.

Combien de cupcakes ?



Ce livre fait partie du Challenge Jeunesse, ce qui m'amène à 7/20.

Au Bonheur des Ogres

Et voilà, nous sommes le 27 décembre et j'ai déjà fini un des livres reçu à Noël... La malédiction des vacances c'est que les livres durent beaucoup moins longtemps ! (enfin je vais pas me plaindre, je sais que beaucoup d'entre vous sont déjà retournés au travail...).

Les livres de Daniel Pennac, je les connais depuis un bout de temps, ma mère les lisait quand j'étais encore à l'école primaire. Vu que toute la première partie d'Au bonheur des ogres avait une très forte impression de déjà-vu, j'avais certainement essayé de commencer la saga Malaussène il y a quelques années, mais Pennac ayant une écriture particulière, je n'avais jamais fini.

Ce premier tome campe les personnages qu'on retrouvera dans les 6 tomes de cette saga hors du commun. Benjamin Malaussène est le premier-né d'une fratrie nombreuse dont il s'occupe comme un père étant donné que sa mère n'est jamais là.

Ben travaille au "Magasin" (qui n'est pas sans rappeler la Samaritaine) où il occupe une fonction très originale : il est Bouc-Émissaire. Quand un client a une réclamation, il est appelé dans le bureau de son patron, se prend un savon, s'excuse, pleure, présente sa démission, et finit généralement par avoir ce qu'il veut : le client retire sa plainte et s'en va sans rien demander.

Quand le premier attentat à la bombe a lieu, Malaussène est là. Pour le deuxième aussi. Et le troisième.

Alors forcément, il se retrouve embarqué dans une enquête d'un genre nouveau, pendant laquelle il essaiera tant bien que mal de ne pas devenir le suspect parfait (quoi de mieux qu'un Bouc-Émissaire de métier pour porter le chapeau ?), de gérer sa soeur Clara qui photographie ce qui lui fait peur, Le Petit qui rêve d'ogres Noël qui deviennent réalité, Jérémy, apprenti terroriste, Thérèse, voyante à ses heures, Julius, son chien épileptique, et tant d'autres qui sont la vie de Benjamin.

Oui, il a l'air un peu méchant M. Pennac, c'est certainement
ce qui lui reste de ses années d'enseignant...
Pour être honnête, j'ai eu un peu de mal à accrocher au style de Pennac pendant la première partie du roman.

En effet, il y a énormément de dialogues intérieurs qui partent dans tout les sens, des grandes considérations un peu gavantes, et un nombre de personnages assez impressionnant qu'il faut prendre le temps de retenir.
Cependant, une fois que l'intrigue est lancée, je me suis retrouvée à vouloir le finir d'un trait (c'est ce que j'ai fait d'ailleurs, pelotonnée sous ma couette jusqu'à 4h du matin) pour comprendre le pourquoi du comment.

Je pense que je vais pas tarder à lire les tomes suivants, j'ai hâte de suivre le développement de tout les personnages, voir comment grandissent les petits, ce que va devenir Benjamin, etc...
On s'attache très vite à la famille Malaussène, ils ont tellement de personnalité que c'est dur de se dire qu'ils ne sont pas réels !

J'ai parfois trouvé le récit un peu décousu, ça part de tout les côtés, on ne sait plus où donner de la tête, mais c'est ce qui fait le charme de l'histoire : elle ressemble à ses personnages.

Un livre en dents-de-scie donc, mais qui est plein de personnalités, de défauts qui font son humanité, rafraîchissant parce que surprenant.
L'auteur ne mâche pas ses mots et ça change des romans contemporains classiques.

Combien de cupcakes ?