Affichage des articles dont le libellé est Jeunesse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jeunesse. Afficher tous les articles

Coraline

Neil Gaiman est un de mes auteurs favoris. J'ai l'impression que, quoiqu'il fasse, j'adore. C'est avec lui que j'ai découvert le fantastique et je me précipite sur chacune de ses sorties.

Coraline était passé à travers les mailles du filet, certainement parce que c'est un livre généralement rangé chez les enfants/jeunes ados...

~

Coraline et sa famille viennent d'emménager dans un nouvel appartement, lui-même situé dans une vieille maison, et, en attendant la rentrée des classes, elle décide de jouer à l'exploratrice vu que ses parents sont trop occupés pour la distraire...

Après avoir découvert une porte murée dans son salon, Coraline ne peut s'empêcher de se demander ce que ce mur de briques cache... Et une nuit, elle va le découvrir à ses dépens... En effet, après un passage plus que bizarre dans lequel elle va devoir ramper, la petite fille se retrouve chez elle, mais dans un chez elle un peu différent...

Dans ce monde, les parents de Coraline sont parfaits, gentils, aimants et attentifs. Un peu trop attentifs peut-être. Et puis, pourquoi ont-ils des boutons à la place des yeux ? Que sont devenus ses vrais parents ? Que veut lui demander son "autre mère" ?

Avec l'aide d'un chat qui parle et de quelques âmes d'enfants perdus, Coraline va essayer de retrouver ses parents, mais il faut faire vite, avant qu'Elle ne perde patience...

~

À son habitude, Neil Gaiman nous embarque dans son univers bien à lui. On commence dans un monde plus ou moins normal mais rapidement on se retrouve de l'autre côté du miroir, là où d'autres choses sont possibles... mais peut-être dangereuses.

Les personnages extravagants de l'auteur sont tout simplement superbement drôles.

Les demoiselles Spink & Forcible sont à mourir de rire et le dresseur de souris est tout aussi inquiétant que drôle.
Les parents de Coraline sont un peu effacés, je n'ai pas eu le temps de m'attacher à leurs personnalités, donc leur disparition ne m'a pas vraiment attristée, mais elle a réussi à me captiver du début à la fin.

Enfin une héroïne qui est loin d'être parfaite ! Capricieuse, exigeante et en même temps adorable et drôle, Coraline est une enfant comme tant d'autres, mais avec juste ce petit truc en plus (son caractère de tête de mule ?) qui va l'aider dans sa quête improbable...

Une très bonne adaptation
d'Henry Selick est sortie en 2009 !

L'histoire, quant à elle, est un mélange parfaitement bien dosé : un peu d'aventure, pas mal de surnaturel et juste ce qu'il faut de terreur pour faire peur à des enfants de 10-11 ans sans leur donner de cauchemars.

Même si Coraline est une fille, dans le club de lecture que j'anime pour des 6èmes, les garçons ont adoré le roman.
Ils ont aimé la curiosité de Coraline, son côté un peu garçon manqué et sa forte tête, et ils ont tout simplement adoré les moments qui faisaient vraiment peur (ça m'a rappelé ma folie des Chair de Poule quand j'avais leur âge !).

De mon point de vue d'adulte, j'ai énormément apprécié cette lecture, rapide et bien rythmée, même si je me suis souvent rendu compte que la cible est un peu plus jeune que pour L'Étrange Vie de Nobody Owens. Certains passages sont un peu rapides à mon goût, j'aurais aimé un peu plus de développements, notamment sur les parents de Coraline, mais je pense que le format actuel est très bien trouvé pour les 10-13 ans avides de frissons et de bonnes lectures...

Encore une merveilleuse histoire de Neil Gaiman, qui ne m'a jamais déçue et me plonge à chaque fois dans des univers délirants !

Combien de cupcakes ?

La Bibliothécaire

Gudule est une de ces auteurs qui a bercé mon enfance de ses mots. Et La Bibliothécaire fait partie de ces quelques livres que j'ai lus et relus plusieurs fois sans jamais me lasser. À chaque lecture je découvre un autre côté à l'histoire, je suis touchée par des moments sur lesquels j'avais glissé la fois précédente, et le plaisir est toujours intact.

~

Toutes les nuits, Guillaume observe sa voisine d'en face, une vieille dame à l'air gentil, écrire pendant des heures. Et quand la vieille dame éteint sa lumière et va se coucher, une jeune fille brune sort en courant de l'immeuble et s'évanouit dans la nuit.

Un soir, prenant son courage à deux mains, Guillaume décide enfin de parler à cette fille à qui il pense toute la journée. Il fait la rencontre d'Ida, qui est à la recherche du grimoire qui permet de devenir écrivain, et Guillaume promet de l'aider coûte que coûte dans sa quête.

Mais tout ne se passe pas comme prévu et Guillaume se retrouve embarqué dans une aventure hors du commun dans la bibliothèque municipale...

~

Je n'ai jamais été déçue à l'âge adulte par un livre que j'avais adoré étant enfant, et La Bibliothécaire n'échappe pas à cette règle.

Les personnages sont toujours aussi attachants, que ce soit Guillaume, handicapé de l'orthographe, Doudou, son meilleur ami qui ne fait que rapper, Idda, le fantasme raté, ou Ida, la jeune fille à la cape qui fait chavirer le coeur de Guillaume. Rien ne manque du côté des personnages, et l'histoire est tout aussi réussie.

La plume simple de Gudule nous emmène faire un tour dans les grands classiques de la littérature jeunesse, et l'exploit se situe là : même en sautant de livre en livre, de genre en genre, d'auteur en auteur, chaque moment est aussi touchant, déchirant, amusant que dans l'original. Gudule donne envie de se précipiter sur des classiques tels que Poil de Carotte, Les Misérables ou Le Petit Prince.

J'avais un peu peur que le livre ait mal vieilli (pas d'ordinateurs, pas de portables, pas d'internet) et que les enfants de maintenant ne soient pas emportés par l'histoire comme je l'ai été à l'époque.

Même s'il est clair que les filles sont plus réceptives au récit, le livre a fait l'unanimité dans le petit groupe de 11-12 ans à qui j'ai fait lire ce roman.
La facilité de lecture et la rapidité du développement les ont conquis, et étonnamment le moment qu'ils ont le moins apprécié c'est justement l'excursion dans les livres, celui que moi, en tant qu'adulte, j'ai préféré... C'est certainement pour ça que j'ai presque eu l'impression de lire un nouveau livre!

Le seul reproche que je puisse lui faire, c'est justement cette simplicité, qui laissera peut-être aux plus grands un arrière-goût de "pas assez abouti", mais pour la tranche d'âge visée, le dosage est juste parfait.

La Bibliothécaire est un classique indétrônable, qui encourage et récompense l'amour de la lecture chez les plus jeunes (ce qu'on ne fait jamais assez !). C'est aussi un délice rapide à lire pour les adultes qui ont besoin d'un peu de fantaisie dans leur vie.


Combien de cupcakes ?


Incarceron

Depuis que j'ai lu Fahrenheit 451, je suis partie dans une période "dystopie", et je me rends compte que c'est vraiment un genre que j'apprécie énormément !
Dans cette veine et étant donné que je n'ai vu que des critiques élogieuses sur de nombreux blogs, Incarceron a vite rejoint ma liste de livres à lire de toute urgence.

~

Finn, un jeune garçon d'environ 17 ans, vit dans Incarceron, le monde-prison totalement hermétique mis en place par le gouvernement il y a plusieurs centaines d'années. Tout les gens d'Incarceron sont nés dans la prison, il n'y a pas d'autre possibilité, même si Finn est persuadé de venir de l’Extérieur. En proie à des crises violentes qui lui font voir un ciel étoilé, il est perçu comme un prophète capable de suivre les traces de Sapphique, le seul prisonnier à avoir réussi à s'échapper de la prison.

Claudia, 17 ans également, est la fille du Gardien d'Incarceron, et vit, comme toute la population de l'Extérieur, dans un monde intentionnellement bloqué au 18ème siècle. Elle a été promise au fils de la Reine dès son plus jeune âge, et la date de son mariage approche à grands pas. Mais Claudia a un caractère affirmé, et même les menaces de son père ne l'empêcheront pas de chercher à savoir ce qui se cache derrière ces manipulations diplomatiques.

Cependant, la découverte de deux clés de cristal, une dans Incarceron, l'autre dans le manoir de Claudia, va permettre aux deux adolescents de communiquer, et peut-être même de découvrir des choses sur eux-mêmes et sur leur entourage qu'ils n'auraient jamais imaginé.

~

L'originalité d'Incarceron réside dans le monde imaginé par Catherine Fisher.

L'environnement de Claudia, fastueux et désuet ne permet pratiquement aucune entorse au Protocole et force tout le monde, riches comme pauvres, à vivre coincés dans un 18ème siècle à peine amélioré.
Son seul allié est son tuteur, un des Sapient les plus érudit de sa génération. Mais la santé de Jordan est fragile, et il reste un employé du Gardien d'Incarceron, même s'il bénéficie de sauf-conduits généreux.

Même quand Claudia est dans une position malaisée, on imagine toujours son monde comme lumineux et agréable (il y est souvent fait référence à une nature luxuriante et verdoyante) même si on sent très bien qu'elle n'est pas entièrement libre.

Incarceron est diamétralement opposé à cela. Supposé être un organisme-prison s'autogérant jusqu'à devenir un paradis, on devine rapidement que quelque chose ne s'est pas passé comme prévu.
En effet, les prisonniers (et maintenant leurs descendants) se sont organisés en bandes, gangs et villages et vivent sous la surveillance perpétuelle de l'oeil rouge d'Incarceron.

La prison est vivante dans son intégralité et elle réutilise tout ce qui meurt indéfiniment. Ce monde est sombre, malsain, vicieux, et on sent la présence d'Incarceron à chaque page lue.

Je n'ai jamais réussi à m'attacher entièrement aux personnages, le caractère de Claudia m'a trop fait penser à celui d'une enfant gâtée, et celui de Finn m'a semblé trop détaché du monde et des évènements. Cependant les personnages secondaires font la force du récit, et Gildas, Keiro, Attia, Jordan, la Reine et le Gardien m'ont passionnée !

J'ai ressenti un certain déséquilibre dans le livre, dans le sens où même si je préférais le personnage de Finn, j'étais plus intéressée par les mésaventures de Claudia et j'ai donc traîné un peu sur les passages à l'intérieur de la prison.

L'histoire est rondement menée, même si quelques longueurs ont ralenti ma lecture, et les rebondissements m'ont tenue en haleine tout au long du livre. J'ai adoré la complexité des relations entre les personnages, les informations distillées au compte-goutte au fur et à mesure du déroulement du récit et les intrigues parallèles.

Même si je n'en garderais certainement pas un souvenir impérissable, ma curiosité est piquée, et j'ai sincèrement envie de savoir ce qu'il va advenir des protagonistes dans le tome suivant (je le garde pour dans quelques semaines, je n'ai pas envie d'enchaîner tout de suite cependant).

Combien de cupcakes ?


Billy Brouillard, tome 1 : Le Don de Trouble Vue

Ce Noël, pendant que mes cousins déballaient leurs cadeaux, mon regard a été attiré par un livre posé négligemment sur une table : "C'est à qui ça ?" "Ah, c'est à moi, je viens de le déballer" [insérez-ici un air "Pfff, les livres c'est nul" et imaginez mon désarroi].

Je n'ai toujours pas compris comment il a fait pour ne pas se précipiter sur cette BD vu que la couverture est à la fois magnifique et prometteuse (morbide, jolie et drôle à la fois, que demander de plus ?) mais bon, passons. JE me suis précipitée dessus, j'ai décidé qu'il me la fallait absolument et j'ai noté le titre dans un coin de mon esprit.

Un mois plus tard, c'est chose faite, je l'achète, et je le mets dans ma Pile A Lire en me forçant à ne pas me précipiter dessus comme une morphale. J'ai tenu deux semaines et je suis très fière de moi !

~

Billy Brouillard est un petit garçon doté d'un don fabuleux mais qui fout quand même un peu les chocottes : le don de trouble-vue. En effet, quand il enlève ses lunettes (que ses parents lui disent tout le temps de remettre, mais il s'en fiche), le monde lui apparaît disons... différemment. Et un peu plus macabre que la normale aussi.

Au début du volume, on découvre que le chat de Billy, Tarzan (qui n'est pas sans rappeler un Clark Gaybeul un peu plus soft) est mort. Il est tellement mort qu'il est tout raplapla et qu'il a des vers qui lui sortent des trous de nez...
Et ça, Billy, ça lui fait peur. Si Tarzan il peut mourir comme ça, tout le monde peut mourir. Même lui.
Hors de question ! Billy Brouillard ne se laissera pas faire comme ça, d'abord il veut des réponses ! Il questionnera donc le Père Noël, sa voisine fantôme Léa et tout un tas de créatures bizarres qu'il rencontrera au fil de ses aventures...

~

Ce premier tome des aventures de Billy Brouillard est loin d'être glauque, même si c'est un petit garçon très orienté sur le côté macabre et morbide de l'existence.
Le trait est fin et n'est pas sans rappeler les travaux de Tim Burton, même si c'est loin d'être la seule inspiration.

On y retrouve pêle-mêle de la bande-dessinée classique, le bestiaire de Billy, la Gazette du Bizarre, des portraits et des publicités diverses et variées.
Malgré l'âge du protagoniste, Billy Brouillard n'est pas une BD pour les enfants, elle correspond plutôt à la tranche d'âge 13-16 ans, même si les adultes y trouveront amplement leur compte.



Ayant toujours été une trouillarde de première, j'ai totalement accroché à la vision du monde de Billy, parce que je sais à quel point les enfants peuvent se persuader que l'ombre du portemanteau dans le coin de la chambre est en fait un vampire venu leur sucer le sang nuit après nuit.

Guillaume Bianco arrive à nous faire aimer ses personnages morbides, ses insectes carnivores et ses fantômes flippants (mention spéciale à La Petite Fille aux Couteaux) tout en gardant à l'esprit que Billy est un enfant et en nous laissant entrevoir à plusieurs reprises son innocence et sa naïveté.

J'ai hâte de pouvoir me procurer les volumes suivants car j'ai entendu dire que ça allait en s'améliorant, alors que j'ai déjà beaucoup aimé celui-ci... Et je suis maintenant à l'affût des prochaines dédicaces de l'auteur, j'adorerais rencontrer l'homme qui a imaginé Billy Brouillard et son monde à la fois tordu et adorable !

Combien de cupcakes ?


Fablehaven, tome 2 : La Menace de l'Étoile du Soir

J'avais été plus qu'agréablement surprise par le premier tome de Fablehaven et j'avais dû me retenir pour ne pas enchaîner sur le deuxième immédiatement (je préfère faire durer le plaisir plutôt que tout lire d'un coup -- même si j'en serais largement capable !).

On retrouve Kendra et Seth à la fin de l'année scolaire qui suivait leur premier été à Fablehaven.
Kendra n'a plus besoin de boire de lait magique pour voir les créatures fantastiques, elle est donc aux premières loges quand un gobelin immonde, que tout le monde perçoit comme un garçon craquant, arrive dans sa classe.
Leurs grands-parents ne répondant pas au téléphone, Kendra et Seth se voient dans l'obligation d'accepter l'aide d'un inconnu, lointaine connaissance de leur grand-père, qui les entraînera dans une mission périlleuse à la recherche de la statuette d'un démon-crapaud...

Comme dans le premier tome, Brandon Mull nous balade allègrement au fil de sa plume, on ne sent pas les pages passer et on se retrouve vite plongé dans une histoire pleine de rebondissements (certains attendus, d'autres moins).
Kendra et Seth ont tout les deux grandi, elle a pris de l'assurance, il est toujours aussi impulsif, mais on ressent leur évolution tout au long du récit.
C'est un plaisir de rencontrer de nouveaux personnages, de découvrir que la réserve est encore pleine de secrets, et je dois avouer que j'ai bien rigolé en lisant les premiers émois adolescents de Kendra !

On se rend compte de la richesse du monde imaginé par Brandon Mull quand on réalise que les lieux dans lesquels l'histoire va se dérouler sont totalement différents du premier tome (à part la maison bien sûr... et encore, c'est pas centré sur les mêmes endroits). Les détails à foison construisent un environnement florissant dans lequel il n'y a aucun faux-pas (même si on mélange un peu tout les mythes... c'est le but me direz-vous !).

J'avais trouvé l'écriture un peu légère dans le tome précédent, ce n'est pas le cas ici.
L'auteur a pris de l'assurance et il y a moins de phrases "vides" (je sais pas si vous voyez ce que je veux dire... des phrases qui servent juste à remplir la page mais qui ne sont pas indispensables).
Si Le Fléau de l'Ombre continue sur la lancée de La Menace de l'Étoile du Soir, je prédis un coup de coeur !

Pour ceux d'entre vous qui aimeraient bien s'essayer à la lecture en anglais, Fablehaven est une série parfaite pour ça, il n'y a pas trop de vocabulaire compliqué (malgré les créatures mystiques), ça se lit vite et sans effort. N'hésitez plus !

Combien de cupcakes ?


Le Trop Grand Vide d'Alphonse Tabouret

Le jour où j'ai entendu parler d'Alphonse Tabouret, j'ai su que cette BD était faite pour moi. Le jour où je l'ai eue entre les mains, l'impression s'est confirmée. Et puis je l'ai mise de côté, je voulais la garder pour un jour où j'aurais le temps de la lire bien tranquille, toute seule, au chaud et sans interruptions. Un mois plus tard, c'est chose faite !

Alphonse est né comme ça, de rien, au milieu d'une clairière. Heureusement, il était pas tout seul, il y avait un grand monsieur avec lui. Mais comme le grand monsieur s'est énervé contre Alphonse, il est parti, et Alphonse s'est retrouvé tout seul. Au début c'était marrant, mais au bout d'un moment il a eu envie de parler, de partager... d'amitié quoi !
On suit donc Alphonse dans sa recherche du grand monsieur, les rencontres qu'il fait, les choses qu'il apprend, les trucs qu'il découvre...

La première chose à dire, c'est que pour moi, c'est un livre qui ne se lit pas, il se raconte. Dès les premières pages j'ai eu envie de lire à voix haute, d'avoir un enfant à côté de moi et de faire les différentes voix des personnages pour l'entendre s'émerveiller.

C'est très clairement une BD à double niveau de compréhension, qui apporte autant aux adultes qu'aux enfants, qui touche profondément, qui remue et qui fait réfléchir... Et oui, tout ça occasionné par un petit bonhomme avec des bras en trait qui se parle dans une flaque d'eau !


L'histoire est assez simple, l'Imaginaire y tient une sacrée place, mais ce n'est pas pour ça qu'on a l'impression d'être en présence d'une BD pour enfants, il n'y a pas de niaiserie mal placée, le vocabulaire n'est pas simplifié à outrance et on prend un grand plaisir à suivre les jeux de mots distillés ici et là par l'auteur...
La variété des planches est très rafraîchissante, ça change, ça surprend et surtout ça permet de ne pas lasser le lecteur avec une présentation linéaire.

Alphonse découvre la vie, et on la découvre avec lui, il est touchant de naïveté, mais on a jamais l'impression qu'il est bête, juste... que c'est un petit garçon tout neuf qui apprend à vivre (et il nous apprend un peu à vivre aussi par la même occasion !).

Le Trop Grand Vide d'Alphonse Tabouret est la première sortie d'une nouvelle collection chez Ankama Éditions, Étincelle (pour l'instant seulement 2 BD, mais ça va venir !) qui nous promet "des histoires emplies d’une douce et envoûtante magie" et "De jolis albums d’un nouveau genre, oscillant entre bande dessinée et roman graphique"... ça donne envie !




Un grand merci aux auteurs pour ce petit moment de bonheur, Sybilline, Jérôme d'Aviau et Capucine ont mis tout leur amour là-dedans, et ça se ressent à chaque page. Comme quoi la simplicité peut parfois être beaucoup plus belle que la complexité...

Si jamais ce petit garçon en noir et blanc est dans votre Pile à Lire, gardez-le pour un jour où vous êtes un peu triste, un peu démotivé, un peu malheureux : Alphonse vous mettra du baume au coeur et de la joie à l'intérieur !


Combien de cupcakes ?


et bien sûr, vous l'aviez deviné...
le Cupcake Coup de Coeur !

"Alphonse, je t'aime !"


La Potion Magique de Georges Bouillon

On ne présente plus Roald Dahl et ses livres merveilleux, tous plus originaux les uns que les autres.
Ceux qui n'en ont jamais lu un doivent se précipiter sur Charlie et la Chocolaterie, Sacrées Sorcières ou Matilda, vous retomberez en enfance instantanément !

Georges est un petit garçon de 8 ans qui vit dans une ferme avec ses parents et sa grand-mère acariâtre. Un samedi matin, pendant que son père travaille aux champs, sa mère lui demande de s'occuper de sa grand-mère pendant qu'elle va faire les courses : à 11h il devra lui donner une cuillère à soupe de médicament.

Mais la grand-mère de Georges n'est pas vraiment quelqu'un de très agréable, et il en déduit vite que pour régler ce problème il suffit de lui mitonner un nouveau médicament qui la rendra plus gentille et plus dynamique... Il va donc parcourir la maison à la recherche d'ingrédients divers et variés à mettre dans sa casserole pour faire une potion magique unique en son genre !

Comme d'habitude on prend un plaisir fou à suivre les élucubrations de Roald Dahl (je me demande bien comment il était dans la vie de tout les jours...), et le style est encore une fois fluide et rigolo, agréable mais original.
Comme dans la majorité de ses livres, on a droit à quelques chansons bien trouvées (qu'est-ce que j'aimerais les avoir en musique) avec des rimes totalement farfelues.

La Potion Magique de Georges Bouillon a un peu fait office de madeleine de Proust chez moi, non pas parce que je l'avais déjà lu étant petite (même si c'est le cas), mais parce que "faire de la patouille" (comme on appelle ça quand on est petit) est une activité très répandue chez les 3-9 ans, et qui a toujours autant de succès à l'heure actuelle. Qui n'a jamais mélangé de la terre, de l'eau, des cailloux, et tout ce qui se trouvait à portée de main pour ensuite convaincre ses parents que c'était un gâteau délicieux ?

Ce que j'ai trouvé différent des autres oeuvres de Roald Dahl, c'est la distance entre Georges et sa famille, le peu de liens qu'ils semblent avoir les uns avec les autres, c'est assez perturbant... Bon d'accord, la grand-mère de Georges n'est pas vraiment une mamie gâteau, mais ses parents ne lui sont pas très attachés non plus et au final j'ai eu un peu l'impression que Georges était vraiment seul dans cette aventure (pas forcément dans le mauvais sens du terme, seul comme peut l'être un enfant de 8 ans qui s'invente son propre monde pendant qu'il joue).

Au final un joli goût de magie et de nostalgie pour un des Roald Dahl les plus rapides à lire ! (parfait pour les 8-10 ans qui n'aiment pas les histoires qui traînent en longueur).

Combien de cupcakes ?



Ce livre fait partie du Challenge Jeunesse, ce qui m'amène à 8/20.
(à moi la médaille en chocolat, wouhou !)


Mamette, tome 1 : Anges et Pigeons

Pour varier les plaisirs, aujourd'hui c'est un billet sur une bande-dessinée. Je n'en fais pas souvent parce que le fait de passer plus de temps sur mon article qu'à lire la BD me décourage la plupart du temps, mais là, je ne pouvais pas y couper !
Mamette fait partie de ces catégories de BD que je ne lis plus : celles à planches indépendantes, sans fil rouge bien précis, un peu comme Boule & Bill ou Garfield. Avant d'être disponibles en albums, elles sont d'ailleurs publiées dans Tchô!, magazine bien connu des 8-12 ans.

C'est dans Anges et Pigeons que l'on rencontre Mamette pour la première fois. Cette petite grand-mère rondelette et courte sur pattes est un peu larguée par la modernité, mais a une vie bien remplie (par ses amies, le fils de l'aide à domicile, le club de seniors dont elle est la trésorière...). Elle aime aussi beaucoup les gâteaux et les sucreries, mais chut! faut pas le dire à son docteur, normalement elle n'y a pas le droit !

Ce n'est pas le genre de BD qui vous fera pleurer, même si elle parle d'une grand-mère un peu touchante qu'on aimerait bien connaître. Mais c'est dans la retenue que j'ai trouvé tout le charme de Mamette, dans les couleurs pas trop criardes et les dessins tout en rondeurs de Nob.

Autoportrait de Nob
(habitué des caddies à roulettes visiblement...)

C'est avant tout une BD humoristique, elle ne dégouline pas de sentimentalisme (c'est souvent le cas avec les trucs sur les personnes âgées), mais j'y ai trouvé mon compte de petites choses mignonnes et délicates qui m'ont donné envie de passer un coup de fil à ma Mamie à moi, pour prendre de ses nouvelles et m'assurer qu'elle ne s'essayait pas à "la peinture au déodorant" (comprendra qui lira !).

Ce que j'ai énormément apprécié c'est la lecture à double-niveau qu'on peut en avoir. Faites lire Mamette par des gamins de 11-12 ans et vous verrez que même s'ils ont eux aussi aimé, ce n'est pas forcément pour les mêmes raisons, et vous pourriez la redécouvrir sous un autre jour...

Combien de cupcakes ?

Et j'ai entendu dire que
le 2ème tome était encore mieux !

La Quête d'Ewilan, tome 1 : D'un Monde à l'Autre

J'entends parler de Pierre Bottero en termes élogieux depuis plusieurs mois, et le baby-challenge Jeunesse auquel je me suis inscrite a donc été l'occasion de tester. Je vais essayer de faire un article assez court étant donné qu'il y a déjà pas mal d'avis sur ce premier tome... (voyez ici par exemple).

Pour l'histoire, voici un résumé rapide : Camille, sur le point d'être renversée par un camion, se retrouve subitement dans une réalité parallèle face à un monstre qui tente de la tuer. De retour (tout aussi subitement) dans notre monde, elle s'empresse de prévenir Salim, son meilleur ami, de ce qui lui est arrivé.
Camille et Salim retournent rapidement en Gwendalavir et y apprennent que le vrai prénom de la jeune fille est Ewilan et qu'elle est Dessinatrice, c'est-à-dire qu'elle rend réel ce qu'elle dépeint dans son esprit. S'ensuit tout un tas de mésaventures (on s'en doutait un peu !).

Première chose que je trouve importante : ce livre est fait pour être lu en classe ! (c'est d'ailleurs pour ça que j'en ai commandé 10 exemplaires dans le cadre du Club Lecture que j'anime dans le collège où je travaille). En effet, la construction est parfaite pour des collégiens : le livre est bien rythmé, les chapitres sont courts et le duo Camille/Salim permet aux filles comme aux garçons de s'identifier aux héros.
Les enfants y trouveront leur compte, les adultes peut-être un peu moins, mais c'est tout de même très agréable à lire. L'histoire est originale, poétique (voyager dans l'Imagination, être Dessinateur...) et pleine de rebondissements (auxquels on s'attend un peu quand on est un habitué de la littérature jeunesse, mais ça n'enlève rien au charme du récit).

J'ai énormément apprécié les descriptions très visuelles (des personnages comme des paysages) qui permettent d'être réellement immergé dans le récit... Par contre, je n'ai vraiment pas réussi à aimer Camille comme je peux aimer Harry dans la série de J.K. Rowling ou Lyra dans A la Croisée des Mondes. J'ai été régulièrement irritée par son caractère ou ses réactions et j'ai de très loin préféré la vision des choses de Salim, qui me semblait également beaucoup plus crédible comme personnage.
Je me demande si le fait de lire trop de critiques élogieuses n'a pas faussé mon jugement. J'aurais peut-être jugé le livre meilleur si je l'avais découvert par moi-même...

En somme j'ai bien aimé, je lirais certainement la suite car le style de Pierre Bottero est plus qu'agréable, mais j'espère cependant que cela s'améliore au fur et à mesure qu'on avance dans les tomes et les trilogies.

Combien de cupcakes ?



Ce livre fait partie du Challenge Jeunesse, ce qui m'amène à 7/20.

The Witches (Sacrées Sorcières) - Livre/Film

 Le livre


Sacrées Sorcières, de Roald Dahl, est un des livres de mon enfance qui m'a le plus marquée. J'ai dû le lire au moins 7 ou 8 fois, je l'emmenais partout avec moi et ça se voyait. Même si j'ai toujours été très soigneuse avec mes livres, mon défaut majeur c'est que j'adore lire dans le bain. Et j'adorais déjà quand j'avais 10 ans. Mon édition de Sacrées Sorcières avait donc fait un plongeon malheureux, mais ce n'est pas pour ça que je le lisais moins !

Il était donc plus que temps que je rachète un exemplaire, j'en ai donc profité pour l'acheter en anglais étant donné que Roald Dahl en VO ça se lit facilement, vite et que c'est un vrai plaisir.


L'histoire ne se démodera jamais : les sorcières existent, elles ont des griffes à la place des ongles, elles sont chauves, portent tout le temps une perruque et ont des démangeaisons du scalp, elles n'ont pas d'orteils, leurs narines sont ondulées, leur bave bleue myrtille et on peut voir le feu et la glace danser au fond de leurs pupilles... Et plus que tout, elles détestent les enfants et leur odeur de caca frais et font donc tout pour les exterminer.
Le narrateur, dont on n'apprendra jamais le nom, est un petit garçon de 9 ans qui vit avec sa grand-mère depuis le décès de ses parents. Sa grand-mère, très au fait de toutes ces choses sur les sorcières, connaît plein d'histoires sur des enfants disparus mystérieusement ou transformés en toutes sortes de choses.
Pendant leurs vacances au bord de la mer, le petit garçon se retrouve coincé dans une salle de conférence où les sorcières tiennent leur congrès annuel... Et il ne va pas s'en sortir indemne !
L'écriture de Roald Dahl est un délice : vive, espiègle et colorée, et les dessins de Quentin Blake orientent la pensée du lecteur mais laissent une grande part à l'imagination (et quand on lit Sacrées Sorcières, on ne peut généralement pas s'empêcher de visualiser chaque scène tellement elles sont marquantes.).

Illustrations de Quentin Blake
Les personnages sont originaux, caricaturaux mais attachants, l'histoire est courte mais bien pensée, il n'y a ni temps mort ni longueur. Comme d'habitude, Roald Dahl ne s'encombre pas de considérations morales trop restrictives, mais ça reste toujours bon enfant (si vous lisez ou faites lire l'histoire à votre bambin, attendez-vous à devoir batailler pour lui faire prendre un bain après coup !). Le personnage de la grand-mère norvégienne qui fume des gros cigares à la chaîne est tout simplement génial, émouvant et adorable. ("It doesn't matter who you are or what you look like so long as somebody loves you.")

Combien de cupcakes ?


Ce livre fait partie du Challenge Jeunesse, ce qui m'amène à 6/20.


Le film

Film de Nicolas Roeg
Concernant le film, je n'en avais tout bonnement aucun souvenir même si je sais que je l'ai vu une fois quand je devais avoir 8 ou 9 ans. Se procurer le DVD n'est pas une mince affaire. Il n'est tout simplement jamais sorti en français (une VHS devait exister cependant) et la version anglaise n'a que des sous-titres pour malentendants de disponibles (ce qui me suffit mais qui peut en rebuter beaucoup). Quand les premiers crédits s'affichent sur mon écran, je réalise qu'un DVD aussi peut distribué n'a fait l'objet d'aucune restauration et qu'en gros j'aurais droit à un simple changement de support, pas de bonus ou d'image de meilleure qualité.
Le film datant de 1990, je me prépare mentalement à voir quelque chose qui a mal vieilli, avec des effets spéciaux à la noix. Et là, je suis agréablement surprise. Bien sûr ce n'est pas aussi bluffant que ce qu'on pourrait faire de nos jours, mais j'ai à peine senti les 20 ans (et oui !) du film.

Anjelica Huston dans le rôle de la Grandissime Sorcière est magnifique (en même temps, 20 ans de moins, ça sert...) , ou horrible, c'est selon le moment, et c'est un plaisir de retrouver Rowan Atkinson dans le rôle du manager de l'hôtel.



Je l'ai regardé juste après avoir fini le livre, et j'ai été surprise du nombre de répliques que l'on retrouve inchangées dans le film (sans que ça fasse coincé ou forcé). Il y a juste deux choses qui ont été modifiées : au moment où les sorcières se rendent compte que Luke (il a un nom dans le film) est dans la salle de conférence, elles iront le chasser jusque sur la plage et dans sa chambre (ça fait d'ailleurs un peu peur étant donné qu'on a l'impression que personne n'est en mesure de l'aider) alors que dans le livre il est capturé directement dans la salle. La deuxième grosse modification c'est la fin, j'ai trouvé ça dommage, mais ça reste un film pour enfant, je suppose qu'ils avaient besoin d'une jolie fin.

Combien de cupcakes ?

(mais il faut garder à l'esprit que ça a été tourné en 1990)

Fablehaven, tome 1 : Le Sanctuaire Secret

Au vu des nombreuses critiques qui peuplent la blogosphère, je vais essayer de ne pas trop m'étendre vu que vous avez certainement déjà lu plusieurs billets sur Fablehaven de Brandon Mull.

Seth et Kendra sont frères et soeurs et pendant que leurs parents partent en croisière ils se retrouvent "forcés" d'aller passer deux semaines chez des grands-parents qu'ils ne connaissent que très peu. La maison est immense, le jardin magnifique et la forêt qui entoure la maison, interdite.

Seth, étant le casse-cou de service, se sent donc obligé d'aller faire un tour en forêt pendant que Kendra cherche à résoudre une énigme que son grand-père lui a donnée. De fil en aiguille ils apprennent que la maison est située dans Fablehaven, une réserve protégée où vivent des centaines de créatures mystiques, bonnes ou mauvaises (et certaines entre les deux).

Pour ajouter un peu de piquant à tout ça, un démon est sur le point d'être relâché et on entend souvent parler d'une société secrète qui essaie de renverser les réserves mystiques dans le monde entier.

Brandon Mull écrit simplement (un peu trop peut-être) et se lit vite, très vite. Même si le déroulement de l'intrigue est prévisible, les détails apportés à l'histoire sont savoureux. Les apparitions de créatures sont nombreuses, et les descriptions étant toujours bien écrites, c'est à chaque fois un petit plaisir. Les deux personnages principaux sont très clichés, et les personnages secondaires (le grand-père, Lena, Maddox, Muriel) sont beaucoup plus intéressants à mes yeux.

Fablehaven est, selon moi, un roman Jeunesse très agréable à lire mais auquel manque cette dimension adulte qu'ont les livres de Philip Pullman ou J.K.Rowling. J'ai cependant passé un très bon moment en compagnie des personnages même si le dénouement du livre m'a paru un peu faiblard (un peu comme quand il suffit de de sauter deux fois sur le big boss pour gagner dans un jeu vidéo...). Ayant apprécié l'histoire, je commanderais très certainement la suite d'ici peu.

Combien de cupcakes ?


Ce livre fait partie du Challenge Jeunesse, ce qui m'amène à 5/20.