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Au Sortir de l'Ombre

Un livre, c'est avant tout un titre et une couverture. Pour certains seuls les mots comptent, mais un joli contenant me pousse toujours à m'intéresser au contenu...
Pour cet exemplaire, j'avoue que je ne l'ai pas payé de ma poche, vu que c'est en partenariat avec Livraddict et Les Editions du Riez que je l'ai reçu, mais j'étais sur le point de l'acheter ("Je le veux. Mais j'ai pas de sous. Mais je le veux. Mais j'ai une PAL énorme. Mais je le  veux....") quand on m'a annoncé que j'étais sélectionnée pour en faire une chronique (Ô joie, ô bonheur !).

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La guilde d'Ae protège le monde des Gothans depuis des siècles. Chaque prêtresse, ou aethryne, prend en charge un monstre et l'empêche de massacrer des centaines de personnes quotidiennement en lui interdisant de dépasser le seuil de l'Ombre.

Quand un némésis, ex-traqueur de la guilde, s'infiltre dans le siège londonien en faisant des dégâts considérables, des questions commencent à se poser : Comment cet homme âgé a-t-il fait pour récupérer ses pouvoirs ? Que cherchent les némésis ? Qui, dans la guilde, se révélera un traître à la cause d'Ae ?

William, Heinrich et Christopher sont dépêchés chez Lady Eileen, froide aethryne, car elle serait en danger de mort. Devenus fuyards le groupe de traqueurs commence à ressentir l'influence malsaine du Gothan sur leur mental et leurs facultés, alors même que l'ampleur du combat à venir se dévoile peu à peu....

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Syven embarque le lecteur dans un Londres victorien dépeint avec une multitude de détails et nous présente une multitude de personnages dont il va être difficile de retenir toutes les caractéristiques immédiatement.
Même si je me suis sentie un peu perdue par moments ("Ah mais lui c'est qui déjà ? C'est quoi son pouvoir ?"), il y au moins la satisfaction d'avoir évité les descriptions à rallonge que certains auteurs affectionnent et qui me donnent l'impression qu'on me prend pour une débile.

Robes de l'époque
victorienne
L'histoire ne commence pas à la première page, il y a un passé au récit, et c'est ce qui lui donne sa profondeur. On apprend au fur et à mesure des pages à connaître chaque personnage, et certains comportements irrationnels prennent soudainement tout leur sens après une petite introspection à la première personne.
Cependant les souvenirs évoqués et les discussions entre traqueurs n'ont pas suffi à m'attacher aux personnages. Le Gothan de Lady Eileen m'a fascinée, mais j'ai eu du mal trouver les traqueurs crédibles. Les trois hommes, malgré leurs défauts, coups de sangs et autres interrogations, sont un peu plats à mon goût.

Le contexte d'Au Sortir de l'Ombre est admirablement détaillé et laisse un goût de "reviens-y" (comme dirait ma mamie), une envie d'en apprendre plus sur cette guilde millénaire, ces monstres fascinants, ces prêtresses centenaires et ses rituels (presque) oubliés.
Je me suis plusieurs fois retrouvée à visualiser Au Sortir de l'Ombre comme un film : des images à la Sherlock Holmes et une ambiance réminiscente de La Brigade Chimérique (autre époque mais j'y ai pensé plusieurs fois durant ma lecture...).

Cette "mise en image" dans mon esprit est généralement bon signe, c'est que le roman est assez fourni pour me permettre de le transposer sur mon écran imaginaire, et c'est effectivement avec plaisir que j'ai savouré ce roman.
J'ai aussi plusieurs fois eu l'envie d'une préquelle qui m'en apprendrait plus sur la guilde en elle-même, la formation des novices et ces mystérieux archivistes... "Malheureusement" (notez les guillemets) Syven travaille actuellement à l'écriture d'une trilogie sans rapport avec ce premier livre... Dommage, mais je suis assez titillée pour savoir qu'à la sortie du premier tome, je ferais partie des lecteurs de la première heure !


Combien de cupcakes ?


Merci encore à Livraddict et aux Editions du Riez pour ce partenariat !

Les Lieux Infidèles

Même si j'apprécie un bon policier ou un bon thriller, ce n'est pas le genre vers lequel je me précipite quand je rentre dans une librairie (on me retrouvera plutôt à baver devant des sagas de fantasy qui comptent des dizaines de tomes, comme si ma Pile à Lire avait besoin de ça !).

Ça fait cependant pas mal de temps que j'entends parler de Tana French et ce partenariat organisé par BoB avec les éditions Calmann-Lévy était l'occasion rêvée de lire un livre qui m'intéressait (il était dans ma liste à lire depuis sa sortie en anglais) mais qui se retrouvait perpétuellement mis de côté par des achats correspondants plus à mes goûts (la nouvelle édition du Trône de Fer par exemple, alors que j'en ai déjà deux *oops*).

Mais sortir de sa zone de confort a quelquefois du bon, comme a pu me le prouver ce roman.

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Frank Mackey, l'anti-héros quadragénaire (homme blessé, fier, rude mais honorable, pas vraiment original dans le genre, mais toujours attachant) de notre roman, est originaire des Liberties, un quartier mal famé de Dublin et a coupé tout contact avec sa famille depuis décembre 1983.

À l'époque, fou amoureux de Rosie Daly, il prévoit de quitter un père alcoolique et une mère castratrice pour partir à l'aventure en Angleterre avec l'amour de sa vie.
Mais Rosie ne le rejoindra jamais et tout ce qu'il retrouvera d'elle est un mot de sa main dans lequel elle explique qu'elle a préféré partir seule (déjà là, on sent qu'il y a un truc louche, mais bon, on va faire semblant de rien voir...).

Plus de 20 ans après, sa soeur Jackie l'appelle pour lui annoncer qu'on a retrouvé la valise de Rosie cachée dans la cheminée d'une maison abandonnée des Liberties, cette même maison où elle avait rendez-vous avec Frank ce soir de décembre...

Utilisant ses relations de flic infiltré et bataillant contre une famille étouffante, Frank va chercher à savoir où est Rosie, si elle est encore vivante ou si quelqu'un de la rue a voulu l'empêcher de rejoindre Londres...

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J'ai plusieurs fois entendu parler des Lieux Infidèles comme d'un thriller. Attention, c'est loin d'être le cas !
C'est, selon moi, un drame policier, qui tient en haleine à cause de la tension psychologique qu'on ressent désagréablement, comme si cette famille horrible était la nôtre.

Le livre se lit facilement, mais rien ne démarque la plume de Tana French de celle de nombreux autres auteurs, si ce n'est le sujet choisi (et dans ce cas précis, ça suffit amplement à toucher le lecteur).

Si comme moi vous êtes super malin (à force de jouer à Professeur Layton, mon QI a doublé), vous comprendrez rapidement ce qui est arrivé à Rosie, et plus les indices vous confortent dans votre trouvaille (la Nintendo DS sert donc effectivement à quelque chose, youpi !), plus l'anticipation se fait intense.

"L'anticipation de quoi ?" me demanderez-vous. Pour tout dire c'est assez dur à expliquer...
Ce qui m'a le plus travaillée concernant ce livre, c'est les relations malsaines entre les différents membres de la famille Mackey, avec les voisins de la rue, les parents de Rosie, les anciennes copines de Frank, etc...
Il y a un relent acide derrière chaque sourire, un gain personnel derrière chaque bonne (ou mauvaise) action, et on a un petit pincement au coeur à chaque fois qu'on voit Frank se laisser entraîner dans ce cercle vicieux qui l'isole des gens qu'il aime.

L'histoire se développe comme une fleur venimeuse, lentement mais sûrement, en contaminant tout et tout le monde. Le rythme n'est pas vraiment soutenu, on ne suit pas le héros dans des courses poursuites haletantes, mais au contraire, on plonge avec lui dans les eaux troubles des Liberties, et c'est... enrichissant.

Je ne m'aventurerais pas plus sur la description de l'histoire, ce n'est pas le plus important selon moi. Les sentiments de Frank à l'égard de sa famille sont tellement ambivalents et cependant tellement bien décrits que c'est ce que j'ai trouvé le plus prenant de toute ma lecture...
Une très bonne surprise en ce début d'année, je conseille fortement !


Morceaux choisis :

  • "Les Liberties tirent leur nom, vieux de plusieurs centaines d'années, de leur indépendance et des règles qu'elles se sont forgées. Dans ma rue, ces règles étaient simples : fauché ou non, quand tu vas au pub, tu payes ta tournée; si ton pote est pris dans une bagarre, tu le tires de là à la première goutte de sang pour que personne ne perde la face; tu ne touches pas au trafic de la came; que tu sois anarchiste ou punk, tu vas à la messe le dimanche; et quoi qu'il arrive, tu ne mouchardes personne." (p.27)
  • "Nous, les infiltrés, nous considérons les membres de la Criminelle comme des enfants de choeur. Nous nous battons à mains nues, dans le caniveau; et quand la loi nous gêne, nous l'envoyons bouler." (p.194)
  • "C'était mon père. Quand j'étais môme, avant qu'il se révèle un enfoiré de première, je le prenais pour un dieu. Il savait tout sur tout, il aurait pu démolir le Yéti d'une main en soulevant un piano à queue de l'autre, un sourire de lui illuminait ma journée entière." (p.358)



Combien de cupcakes ?




Merci à BoB et aux éditions Calmann-Lévy pour ce partenariat !

Les Fils de Ramsès

Meyer et Kerdellant sont deux journalistes (L'Express, Géo) qu'on a déjà pu lire en collaboration dans La Porte Dérobée il y a quelques années. Ils reviennent cette année avec un thriller mi-ésotérique mi-historique sur fond d'Egypte Ancienne.

On y retrouve Hosni, médecin humanitaire amoureux des caméras, sa femme Rania, galeriste cultivée et passionnée par l’histoire de son pays, Raphaël, leur fils de 14 ans, bien calé en hiéroglyphes et adepte de Second Life, et Emmanuelle, ex-femme d'affaires qui travaille avec Hosni sur une campagne de vaccination en Afrique.

Le scénario de base est original, tout en étant simple : Raphaël joue à un jeu mystérieux sur Second Life dans lequel il doit découper une momie et la déposer au pied de l'obélisque de la Concorde, et quelques heures après le jeu devient réalité et Hosni et Emmanuelle sont témoins du dépôt du corps.
A partir de là on suit les trois personnages principaux (Hosni, Emmanuelle et Raphaël) les uns après les autres dans leurs chapitres respectifs et on a donc droit à leur point de vue et à leur vision du déroulement de l’histoire.

J'ai eu beaucoup de mal à décider ce que j'ai pensé de ce livre. D'un côté j’ai apprécié les rebondissements, les petits "cours" sur l’Egypte, les pharaons, l'histoire des obélisques, mais de l'autre j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher aux personnages, à me sentir concernée par leurs histoires, et je suis ressortie de ma lecture avec une impression de lenteur assez énervante (je sais, c'est paradoxal de dire qu'il y a des rebondissements ET que c'est lent, mais c'est vraiment comme ça que je l'ai ressenti…).

Attention, ne vous y trompez-pas, c'est un bon livre, qui fera un solide cadeau de Noël pour les amateurs de thrillers, mais ce qui manque, c'est justement ce petit "truc" qui donne son nom au genre : le thrill (frisson, en anglais), qui vous coupe l'envie de poser le livre et vous force à lire jusqu'à épuisement.
Cependant les bases sont solides, les personnages ont une vraie histoire, une personnalité et manquent juste un peu d’humanité selon moi (l'adultère y serait presque banalisé, sans qu'on s'y arrête ou que les personnages y repensent à deux fois).

Les auteurs ont fait un effort certain pour situer leur roman à la fin des années 2000 (nombreuses références à l'iPhone, aux JO, à des sites internet assez récents, etc…) même si des fois c’est un peu hors-sujet : de temps en temps ça m'a fait repenser au placement de produits qu’on peut voir dans de nombreux films américains.

Pour résumer, bien qu'on ressente trop l'écriture en duo selon moi, Meyer & Kerdellant réussissent à capter l'attention de leurs lecteurs grâce à leur connaissance approfondie de l'Egypte. C'est un plaisir d'apprendre au fur et à mesure de la lecture des petites anecdotes sur la vie des pharaons et les coutumes ancestrales de ce pays plein d'Histoire. J'aurais apprécié des personnages plus attachants, peut-être un peu moins privilégiés et un dénouement final amené plus subtilement.


Combien de cupcakes ?



Merci aux éditions JC Lattès et à BoB pour ce partenariat !

Les Cathédrales du Vide

Une fois n'est pas coutume, je m'attaque ici (grâce à un partenariat Livraddict) à un thriller français, chose assez rare pour être notée. On y retrouve le vrai Paris, pas celui des touristes américains (quoique...) et pour changer, ce sera les services secrets européens et non pas américains que nous rencontrerons durant le déroulement de l'intrigue...

Avant toute chose, j'avoue, je n'ai pas lu Le Rasoir D'Ockham, le premier tome des aventures du commandant Mackenzie. La dernière page des Cathédrales du Vide me conseille de le lire si j'ai aimé lire celui-ci, mais cependant comme les deux enquêtes se recoupent, je pense que je serais beaucoup moins motivée en sachant déjà comment se finit le premier tome.

Dans Les Cathédrales du Vide on (re)trouve donc Ari Mackenzie, analyste de la DCRI (fusion des RG et de la DST), en arrêt maladie pour dépression, qui se soigne à coups de whisky et ressasse sans cesse l'enquête qu'on lui a retirée brutalement et sa rupture avec Lola...
Un agent secret belge lui propose de reprendre l'enquête sans en avertir ses supérieurs, pour le compte du SitCen (Centre de Situation Conjoint - en gros les RG européens). A partir de là, tout s'accélère : Ari refuse, son appartement est cambriolé, à l'autre bout du monde un scientifique s'échappe d'un complexe de recherche enfoui sous une cathédrale en pleine forêt vierge, Nicolas Flamel nous livre ses mémoires, une enquêtrice de l'ONU est assassinée en pleine rue et un mystérieux dossier disparaît...

La bande-annonce du livre (et oui, maintenant y'a des bandes-annonces pour les livres !) est disponible sur le site des éditions J'ai Lu :



Henri Loevenbruck tisse sa toile artistiquement, il vient placer une à une les nouvelles intrigues sans étouffer les précédentes et on ne perd jamais de vue le héros et ses motivations parfois discutables.
Le récit est très bien construit, des bases solides sont établies assez rapidement et c'est un délice de voir se mélanger des recherches scientifiques ultra-modernes à des notions d'alchimie qui datent de plusieurs siècles.

L'écriture est fluide mais ne tombe pas dans la simplicité à outrance et les nombreux (plus de 100) chapitres délimitent les différents points de vue et permettent au lecteur de bien se retrouver (ce qui n'était pas gagné au vu du nombre de personnages parlant à la première personne).

Une des choses que j'ai regrettée dans ce livre c'est que même si Paris est plusieurs fois décrite en détails (le café où Ari boit ses whiskys, les trajets en voiture, la maison de Nicolas Flamel), j'aurais aimé que Loevenbruck fasse de même pour les autres endroits du globe où l'on retrouve Mackenzie...
Par contre, j'ai vraiment apprécié les clins d'oeil à des personnages politiques et le fait que les nouveaux moyens de communication (Skype, Facebook, les blogs) soient utilisés sans que ça fasse forcé.

Henri Loevenbruck (il fait un peu peur, d'accord,
mais quand il chante ça va mieux !)

Les personnages secondaires sont fouillés, aucun ne m'a donné cette impression de superficialité que j'ai pu avoir en lisant des thrillers historiques/ésotériques américains, j'aurais peut-être apprécié de plus amples descriptions physiques mais mon imagination a comblé le vide laissé (peut-être intentionnellement) par l'auteur.

Mackenzie, quant à lui, a cette cassure qu'ont beaucoup de héros français, il est loin d'être parfait, à la limite de l'alcoolisme, déprimé, quelquefois égoïste et désagréable, mais attachant au possible.
On a quelques fois l'impression que quoi qu'il arrive il ne sera jamais satisfait de lui-même, du déroulement de sa vie et je l'ai trouvé un peu "chouineur" de temps en temps.

Au final j'ai beaucoup apprécié cette lecture, même si j'aurais aimé qu'il y ait plus de références à l'alchimie et à l'histoire des lieux sur lesquels se trouvent les différentes réserves de l'INF... Je ne me suis jamais ennuyée, mais même si les personnages étaient beaucoup plus intéressants que ceux de Dan Brown par exemple, je n'ai pas trouvé le récit aussi haletant...
Si vous voulez lire Les Cathédrales du Vide, je vous conseille réellement de commencer par Le Rasoir d'Ockham, parce qu'après ça sera trop tard, la majorité de l'intrigue sera dévoilée...

Combien de cupcakes ?



Merci encore à Livraddict et aux éditions J'ai Lu pour ce partenariat !