J'avoue, j'ai pleuré en lisant L'Ombre du Vent, mais j'ai aussi pleuré de rire (attention, cette annonce est à prendre avec des pincettes vu que je suis également capable de pleurer en regardant une pub pour EDF).L'Ombre du Vent
le 16.4.11
J'avoue, j'ai pleuré en lisant L'Ombre du Vent, mais j'ai aussi pleuré de rire (attention, cette annonce est à prendre avec des pincettes vu que je suis également capable de pleurer en regardant une pub pour EDF).La Bibliothécaire
le 29.3.11
Gudule est une de ces auteurs qui a bercé mon enfance de ses mots. Et La Bibliothécaire fait partie de ces quelques livres que j'ai lus et relus plusieurs fois sans jamais me lasser. À chaque lecture je découvre un autre côté à l'histoire, je suis touchée par des moments sur lesquels j'avais glissé la fois précédente, et le plaisir est toujours intact.
Toutes les nuits, Guillaume observe sa voisine d'en face, une vieille dame à l'air gentil, écrire pendant des heures. Et quand la vieille dame éteint sa lumière et va se coucher, une jeune fille brune sort en courant de l'immeuble et s'évanouit dans la nuit.
Un soir, prenant son courage à deux mains, Guillaume décide enfin de parler à cette fille à qui il pense toute la journée. Il fait la rencontre d'Ida, qui est à la recherche du grimoire qui permet de devenir écrivain, et Guillaume promet de l'aider coûte que coûte dans sa quête.
Mais tout ne se passe pas comme prévu et Guillaume se retrouve embarqué dans une aventure hors du commun dans la bibliothèque municipale...
Je n'ai jamais été déçue à l'âge adulte par un livre que j'avais adoré étant enfant, et La Bibliothécaire n'échappe pas à cette règle.
Les personnages sont toujours aussi attachants, que ce soit Guillaume, handicapé de l'orthographe, Doudou, son meilleur ami qui ne fait que rapper, Idda, le fantasme raté, ou Ida, la jeune fille à la cape qui fait chavirer le coeur de Guillaume. Rien ne manque du côté des personnages, et l'histoire est tout aussi réussie.
La plume simple de Gudule nous emmène faire un tour dans les grands classiques de la littérature jeunesse, et l'exploit se situe là : même en sautant de livre en livre, de genre en genre, d'auteur en auteur, chaque moment est aussi touchant, déchirant, amusant que dans l'original. Gudule donne envie de se précipiter sur des classiques tels que Poil de Carotte, Les Misérables ou Le Petit Prince.J'avais un peu peur que le livre ait mal vieilli (pas d'ordinateurs, pas de portables, pas d'internet) et que les enfants de maintenant ne soient pas emportés par l'histoire comme je l'ai été à l'époque.
Même s'il est clair que les filles sont plus réceptives au récit, le livre a fait l'unanimité dans le petit groupe de 11-12 ans à qui j'ai fait lire ce roman.
La facilité de lecture et la rapidité du développement les ont conquis, et étonnamment le moment qu'ils ont le moins apprécié c'est justement l'excursion dans les livres, celui que moi, en tant qu'adulte, j'ai préféré... C'est certainement pour ça que j'ai presque eu l'impression de lire un nouveau livre!
Le seul reproche que je puisse lui faire, c'est justement cette simplicité, qui laissera peut-être aux plus grands un arrière-goût de "pas assez abouti", mais pour la tranche d'âge visée, le dosage est juste parfait.
La Bibliothécaire est un classique indétrônable, qui encourage et récompense l'amour de la lecture chez les plus jeunes (ce qu'on ne fait jamais assez !). C'est aussi un délice rapide à lire pour les adultes qui ont besoin d'un peu de fantaisie dans leur vie.
Tags: Contemporain, Jeunesse
Au Bonheur des Ogres
le 27.12.10
Et voilà, nous sommes le 27 décembre et j'ai déjà fini un des livres reçu à Noël... La malédiction des vacances c'est que les livres durent beaucoup moins longtemps ! (enfin je vais pas me plaindre, je sais que beaucoup d'entre vous sont déjà retournés au travail...).
Les livres de Daniel Pennac, je les connais depuis un bout de temps, ma mère les lisait quand j'étais encore à l'école primaire. Vu que toute la première partie d'Au bonheur des ogres avait une très forte impression de déjà-vu, j'avais certainement essayé de commencer la saga Malaussène il y a quelques années, mais Pennac ayant une écriture particulière, je n'avais jamais fini.
Ce premier tome campe les personnages qu'on retrouvera dans les 6 tomes de cette saga hors du commun. Benjamin Malaussène est le premier-né d'une fratrie nombreuse dont il s'occupe comme un père étant donné que sa mère n'est jamais là.
Ben travaille au "Magasin" (qui n'est pas sans rappeler la Samaritaine) où il occupe une fonction très originale : il est Bouc-Émissaire. Quand un client a une réclamation, il est appelé dans le bureau de son patron, se prend un savon, s'excuse, pleure, présente sa démission, et finit généralement par avoir ce qu'il veut : le client retire sa plainte et s'en va sans rien demander.
Quand le premier attentat à la bombe a lieu, Malaussène est là. Pour le deuxième aussi. Et le troisième.
Alors forcément, il se retrouve embarqué dans une enquête d'un genre nouveau, pendant laquelle il essaiera tant bien que mal de ne pas devenir le suspect parfait (quoi de mieux qu'un Bouc-Émissaire de métier pour porter le chapeau ?), de gérer sa soeur Clara qui photographie ce qui lui fait peur, Le Petit qui rêve d'ogres Noël qui deviennent réalité, Jérémy, apprenti terroriste, Thérèse, voyante à ses heures, Julius, son chien épileptique, et tant d'autres qui sont la vie de Benjamin.
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| Oui, il a l'air un peu méchant M. Pennac, c'est certainement ce qui lui reste de ses années d'enseignant... |
En effet, il y a énormément de dialogues intérieurs qui partent dans tout les sens, des grandes considérations un peu gavantes, et un nombre de personnages assez impressionnant qu'il faut prendre le temps de retenir.
Cependant, une fois que l'intrigue est lancée, je me suis retrouvée à vouloir le finir d'un trait (c'est ce que j'ai fait d'ailleurs, pelotonnée sous ma couette jusqu'à 4h du matin) pour comprendre le pourquoi du comment.
Je pense que je vais pas tarder à lire les tomes suivants, j'ai hâte de suivre le développement de tout les personnages, voir comment grandissent les petits, ce que va devenir Benjamin, etc...
On s'attache très vite à la famille Malaussène, ils ont tellement de personnalité que c'est dur de se dire qu'ils ne sont pas réels !
J'ai parfois trouvé le récit un peu décousu, ça part de tout les côtés, on ne sait plus où donner de la tête, mais c'est ce qui fait le charme de l'histoire : elle ressemble à ses personnages.
Un livre en dents-de-scie donc, mais qui est plein de personnalités, de défauts qui font son humanité, rafraîchissant parce que surprenant.
L'auteur ne mâche pas ses mots et ça change des romans contemporains classiques.
Tags: Contemporain
Insecte
le 6.11.10Insecte est de ces livres qui vous donnent envie de connaître l'auteur. Claire Castillon est, au vu de ses interviews, une femme belle, délicate et gracieuse qui écrit en solitaire, dans son monde et aime "creuser la plaie" pour avoir des sentiments bruts et crus au bout de sa plume.
Les dix-neufs nouvelles du recueil touchent toutes, de près ou de moins près aux mères et à leurs filles, à leur position dans la famille, par rapport au père et au reste du monde. On peut y lire une fille qui déteste sa mère parce qu'elle est en train de mourir d'un cancer, une mère qui n'ose pas
dénoncer l'inceste qu'elle soupçonne de peur de ne plus avoir une vie stable, une fille persuadée d'être adoptée parce que sa mère est blonde et pas elle, une mère battue par sa fille et qui n'ose rien dire, etc...
C'est un recueil de nouvelles cinglantes, froides, précises, qui réveillent en nous des traits de caractères inavouables. La relation mère-fille y est disséquée aux pires moments possibles, et on ne peut s'empêcher de se laisser embarquer par l'auteur dans son voyage au coeur des relations dysfonctionnelles qu'ont ses personnages.
La chose bizarre avec Claire Castillon et ses nouvelles, c'est que j'ai envie de ne pas les aimer. Quelque chose me dérange, quelque chose ne va pas, et pourtant je ne peux m'empêcher d'engloutir le livre en moins d'une heure, et je suis totalement happée par sa personnalité durant les interviews télé alors que c'est typiquement le genre de personne maniérée que je ne supporte pas...
Quoi qu'il en soit, j'ai retrouvé un peu du ton de Nothomb (quelle jolie rime) dans Insecte, peut-être pas aussi bien maîtrisé, mais pas désagréable non plus... J'ai lu les nouvelles comme on mange des bonbons, en appréciant chaque histoire courte, chaque trait de caractère, qui me rappelait, poussé à l'extrême, des situations dont j'ai été témoin dans mon entourage (j'ai bien dit "poussé à l'extrême", je vous rassure !). Je n'ai pas adoré, mais j'ai apprécié, et j'ai surtout été très intriguée par Claire Castillon, ce qui me poussera peut-être à lire quelques-uns de ses autres livres bientôt...
Tags: Contemporain, Nouvelles
Bonjour Tristesse
le 2.11.10
J'ai ce livre dans ma PAL depuis au moins deux ans. Mais n'ayant jamais lu Sagan et ne sachant pas trop à quoi m'attendre, je n'arrivais jamais à me motiver assez. Avec le challenge Juste pour Lire, je me suis dit qu'un roman court comme Bonjour Tristesse c'était une très bonne idée. Et j'avais raison.
Cécile a 17 ans, un père veuf et très mondain, qui l'emmène à des soirées d'adultes et ne lui cache rien de ses nombreuses liaisons amoureuses. Elle est vive et blasée à la fois, la malédiction des enfants à qui l'on donne tout sans rechigner. Pour leurs vacances d'été, il loue une magnifique villa isolée surplombant la Méditerranée et y invite sa copine du moment, Elsa.
Elsa a 15 ans de moins que lui, n'est pas ce qu'on appellerait une intellectuelle, mais elle est très belle et très gentille, ce qui semble suffire à Cécile comme à son père. Cependant, les vacances ne vont pas se dérouler comme prévu quand Anne, amie de la mère décédée de Cécile, les rejoint pour la suite de leur séjour. Anne est tout le contraire d'Elsa : elle a 40 ans, est très instruite, discrète et est empreinte d'une certaine grâce qui échappera toujours aux filles bruyantes et mondaines.
C'est durant cet été-là que Cécile rencontrera son premier amour et s'essaiera pour la première fois aux manipulations qu'une petite fille gâtée mais insouciante peut s'imaginer comme inoffensives.
Pour tout dire, quand j'ai commencé le livre, vraiment je trouvais ça pas génial, et puis quelques petites phrases disséminées par-ci par-là m'ont fait changer d'avis.
L'écriture est délicate, mais le sujet est brutal, l'héroïne est détestable mais attachante, le dénouement plat mais palpitant.
J'ai été emportée par Cécile et ses accès de colère intérieurs, par sa découverte de l'amour physique, par ses crises de culpabilité immédiatement renversées par sa volonté d'avoir ce qu'elle veut quand elle veut.
Ça m'arrive très rarement, mais en quelques pages j'avais en tête une actrice pour Cécile, qui m'est restée en tête durant tout le roman : Ludivine Sagnier. Je ne saurais pas dire pourquoi, mais le caractère de Cécile et les descriptions physiques m'ont instantanément fait penser à elle il y a une dizaine d'années.
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| Ludivine Sagnier (dans Swimming Pool) a incarné, dans mon imagination, Cécile pendant tout le roman. |
Tags: Contemporain









